Vivre mon corps

Ce billet, je le traine depuis des mois, je reviens dessus, j’hésite… quand je suis en colère, il me brûle les doigts, mais dès que la colère s’estompe je recule face à la dureté de mes propos…

Je voudrais vous parler d’une histoire aussi vieille que moi, d’une relation qui devrait être fusionnelle et bienveillante, mais en réalité émaillée de négligence, de contrôle, de violence, de dégoût. Peut-on même parler de relation lorsqu’on ne fait qu’un ? Je voudrais vous parler de mon corps, ce « moi » que je traite comme un autre.

Attention, sur ce sujet très intime, je n’ai pas mis de filtre… donc ce billet sera brutal, un peu crade, parfois assez violent. J’ai besoin de l’écrire et de le partager, mais vous n’êtes pas forcé(e)s de le lire si vous ne vous sentez pas à l’aise avec ce programme.

Au-delà des apparences

Souvent, ça commence par l’image. « Suis-je belle ? » ou plutôt « Les autres me trouvent-ils belle ? », voire « Est-ce que je rentre bien dans le moule que la société nous matraque en ce moment ? »

Bizarrement, pas pour moi (côté corps, hein ! côté visage, les moqueries des « autres enfants » ont bien creusé le sillon du doute avant que je réalise que je n’ai pas un « gros nez » mais un « profil altier »). Bien sûr, il m’arrive de ne pas être satisfaite de mes chevilles épaisses ou de ma silhouette assez androgyne (ma chéri-i-i-i-e, tou é un H !),  et de maudire ces quelques kilos qui se sont imposés depuis les neuroleptiques… Mais ce n’est pas l’alpha et l’oméga de notre relation conflictuelle, à mon corps et moi.

Pour tout vous dire, j’ai parcouru mes archives photos à la recherche d’une photo à vous montrer qui ne dévoilerait pas trop mon visage, et je me rends compte que je suis assez en paix avec l’apparence de mon corps, peut-être même que j’arrive à en être assez fière.

Danse 1
Allez, je craque et je vous montre. De toute façon, les gens qui pourraient me reconnaitre là-dessus me reconnaitraient aussi à mes écrits…

Non, mon problème, ce n’est pas une histoire de regard… C’est d’abord une histoire de toucher.

Les limites floues

[Trigger warning – Avertissement : mention d’automutilation légère dans cette sous partie]

J’ai mis du temps à assembler les pièces du puzzle, mais je croix que je pourrais le résumer ainsi : je ne perçois pas bien les frontières de mon corps. Je dois bien avouer que je ne sais pas comment les autres vivent les contours de leurs corps, ce rôle fondamental de notre peau qui délimite le « moi » du reste.

Bizarrement, ce brouillage des frontières joue dans les deux sens. J’ai du mal à incorporer (au sens le plus étymologique du terme) ce qui est mien, mais aussi à rejeter ce qui ne l’est pas. Je suppose que ça peut paraitre très abstrait et tordu, mais ça se traduit clairement dans mon vécu.

Je me cogne tout le temps. Chaque jour. J’ai des bleus, des écorchures, des cicatrices et des brûlures (quand on se cogne contre l’intérieur d’un four chaud…). Normalement, à mon âge, on est à peu près au point sur la largeur de ses épaules ou la longueur de ses tibias. Moi aussi, je sais être très précise quand je danse ou quand je grimpe. Mais au quotidien, c’est comme si j’oubliais que je ne suis pas qu’une tête flottante derrière mon regard : je n’accorde aucun intérêt à mon gabarit lorsque je me déplace, donc je rate l’ouverture de la porte et me cogne l’épaule, ou je percute le mobilier urbain avec la hanche, ou mille autres exploits qui surprennent ou amusent les témoins. Je me suis déjà cogné le nez contre une porte de placard (j’ai « oublié » mon nez, qui comme chez la plupart des gens est juste devant mes yeux !).

La blague, c’est que la moitié du temps, j’ai conscience que je vais me cogner. [J’étais en CM1 la première fois que j’ai pris conscience de marcher droit vers un obstacle et de choisir de garder ma trajectoire concourante avec le coin de la table, au lieu de la contourner.] Je continue quand même, comme si ce n’était pas grave, comme si la douleur et les hématomes n’allaient pas me concerner, moi.

Parce que c’est comme si je n’habitais pas ces parties de moi, en temps normal. Comme s’il s’agissait d’une autre, ou du monde extérieur. Comme si les frontières de mon corps étaient repliées, réduites au minimum.

Mais parfois, c’est le contraire. J’ai l’impression que les limites se sont élargies, que mon corps déborde de ses contours visibles, que le gras dégouline de moi. Dans ces moments-là, j’ai la sensation d’être plus large que je ne suis. Et ça me dégoûte. J’ai l’impression d’être molle, flasque, liquide. Ça a commencé à la puberté, je crois, cette sensation de débordement parfois, sur les cuisses, le ventre, les fesses. Et comme une ado, j’ai cherché à soulager cette sensation insupportable. Avec mes ongles, avec un bout de métal, avec une épingle, avec les pics de ma brosse. Ce n’était pas régulier, et je n’ai quasiment jamais appuyé au point de faire sortir le sang – parce que je ne cherchais pas de trace, juste à susciter une douleur sur ma peau qui me rappellerait où est vraiment la limite de mon corps, qui n’a jamais été flasque et liquide.

Mon mari (mon copain, à l’époque) a plusieurs fois vu les grandes lignes rouges parallèles, et ça le rendait fou que je me fasse du mal. D’abord, je me suis cachée en ne me griffant que lorsqu’il n’était pas là, mais quand on habite ensemble, c’est plus difficile, alors j’ai essayé d’arrêter. J’avais aussi remarqué que l’effort physique, la contraction et l’étirement musculaires parvenaient à me redonner des limites, donc je me suis trouvé d’autres solutions.

Grâce à un psy qui, le premier, m’a posé la question du « self-harm » (apparemment, j’ai l’air tellement forte que personne n’imaginait que je pourrais tourner mon énergie violente vers moi), j’ai pu avancer sur le sujet, et j’ai fait un rêve très signifiant pour moi. J’ai rêvé que j’étais atteinte d’une maladie appelée « ectoplasmie », dont les symptômes sont simples : on n’a pas limite physique, pas de matérialité (comme un ectoplasme) donc on est traversé par le monde et par les autres. C’était clairement une allégorie de mon hypersensibilité, qui me donne l’impression d’être poreuse aux émotions des autres, mais la dimension corporelle m’a beaucoup parlé aussi.

Le dégoût du corps vivant

Ce corps aux limites insaisissables m’a aussi posé un autre problème, depuis longtemps. Je suis (j’étais ? je vous parlerai de mes progrès après) dégoûtée par son animalité. Ben oui, un corps vivant, un corps de mammifère, ça bave, ça transpire, ça pisse, ça chie, ça saigne.

La société contemporaine ne nous aide pas à accepter cet état de fait (entre déodorant pour l’entrejambe de ces messieurs, détergent contre la mauvaise haleine, tampons parfumés, et sang bleu dans les pubs de serviettes…) Mais mon odorat extrêmement fin (mon mari croit souvent que j’imagine les odeurs, pour découvrir ensuite que j’avais raison lorsqu’il perçoit enfin l’odeur ou que l’environnement confirme ma perception) aggrave le problème.

Et ce n’est que le début du problème. Un côté de ma famille m’a transmis une approche très puritaine du corps et de ses tabous. Associez ça à un discours germaphobe (qui a peur des microbes – pas germanophobe comme le propose mon correcteur !!) de parents médecins, vous obtenez une forme d’obsession de la propreté, qui me donnait l’impression que je n’arriverais jamais à être « assez propre ». Avec des conséquences risibles (lorsque j’ai habité seule pour la première fois, j’étais persuadée de ne pas assez bien laver ma vaisselle !) et des plus problématiques (vers 8 ans, j’ai dû porter des chaussettes sur les mains pour m’empêcher d’enlever la crème destinée à réparer les crevasses des dizaines (centaine ?) de lavages par jour).

Bien sûr, tout ceci s’est accentué avec la puberté, la sueur d’adulte, les règles et la sexualité… Comme pour le reste, j’ai frôlé les comportements obsessionnels de près mais je n’ai pas plongé.

Pour autant, cela ne m’a pas empêchée de souhaiter ardemment me passer de ces fonctions sales et inférieures. Je maudissais silencieusement mon corps pour cette dégradante faiblesse. J’ai rêvé d’être une statue de marbre, un robot, une machine. Parfaite, lisse, efficace sans résidus.

L’obsession du contrôle

L’autre avantage d’être une machine, c’est l’obéissance.

Je pense que vous avez bien remarqué la tendance, le motif sous-jacent à ce récit : ce qui me gêne dans ce corps, c’est ce que je n’ai pas l’impression de le maitriser assez. Entre les excroissances indésirables (en vérité réelles et désirables, comme les bras et les jambes, ou imaginaires, comme les bourrelets de graisse inventée) et les effusions répugnantes (en vérité saines et normales), j’ai grandi avec l’impression que mon corps était un « autre » incontrôlable. Au lieu de me dire que c’était une partie de moi, et d’une certaine manière 100% moi, je l’ai construit comme un adversaire à mater.

J’en ai eu, des comportements de contrôle exagérés. J’ai caressé le seuil de l’orthorexie avec l’index glycémique bas, plongé mon regard dans la troublante satisfaction de la faim anorexique, frôlé l’obsession du lavage… sans jamais franchir la porte, faire le grand saut, embrasser vraiment ces troubles.

Une chose marquante, c’est que ce contrôle s’est toujours fait dans la dureté. Griffures, donc, mais aussi routines sportives brutales, douches froides (même l’hiver, même pour laver mes 80 cm de cheveux), interdits alimentaires arbitraires. Un jour, je me suis même empêchée de m’hydrater le plus longtemps possible (Attention les enfants, il ne faut pas essayer à la maison !)

Comme si la violence était la meilleure médiation entre mon corps et moi.

Parce que j’ai récemment pris conscience (grâce à une remarque de mon psy) que, dans ma tête, cette relation abusive ne va pas que dans un sens. J’ai aussi l’impression que mon corps me punit, me nargue, me met des bâtons dans les roues. Quand mes douleurs récurrentes se réactivent, quand mes règles reviennent à la date la moins pratique, quand le bébé ne vient pas, quand j’ai mal à la tête, mal au ventre, la nausée, du mal à respirer… j’ai l’impression que mon corps le fait exprès pour m’énerver. En plus de confirmer l’intensité de la dissociation entre mon identité perçue et mon corps, ça témoigne de l’énorme projection de violence que je fais sur lui : non seulement je lui veux du mal, mais j’imagine que lui aussi me veut du mal.

Le long chemin de la réconciliation

Voilà, je vous ai à peu près tout dit de tout le mauvais qui se trame entre mon corps et moi. Heureusement, il n’y a pas que ça. Il y a aussi du bon, et aussi de l’espoir.

Les plus perspicaces auront probablement repéré des origines psychologiques à ces dissensions : climat éducatif peu rassurant sur la vie du corps, peur de grandir et de devenir (horreur !) une femme, colère rentrée…

La bonne nouvelle, c’est que la vie, avec ses aléas, m’a offert et m’offre des occasions de travailler aux racines du problème. Des années de psychothérapie m’ont aidé à travailler sur la colère et le besoin de contrôle. Des années à vivre sans mes parents m’ont permis de déplacer mes repères sur la propreté et l’intimité. Grâce à mon mari, qui adore mon corps tel qu’il est et m’accompagne dans l’apprivoisement de ce qu’il peut m’apporter de plus agréable, le dégoût recule peu à peu. Les minuscules que je côtoie aussi m’aident à moins froncer le nez (quand on a nettoyé du vomis, du pipi et du caca de bébé parce qu’avec eux, on n’a pas le choix , il n’y a plus qu’un saut rationnel à faire pour être moins dégoûté par les siens).

Qui m’a bien connue ado serait à même de mesurer l’exploit qu’est ma vie d’aujourd’hui : capable de passer une journée sans prendre de douche, d’aller récupérer ma coupe menstruelle pleine dans mon vagin, de transcender l’envie de griffure en séance de stretching, de laisser la balance sous le lavabo des semaines d’affilée…

Il nous reste bien du chemin à parcourir, mon corps et moi, pour réussir à se reconnaître un. Pour que j’arrête de me mettre des tapes et des coups lorsqu’il m’énerve. Pour ne plus collectionner les bleus et les bosses. Pour accepter de prendre soin de lui avec douceur. Pour accepter de nous faire du bien.

L’aventure du bébé, que ce soit juste la grossesse ou le combo PMA + grossesse, va sérieusement mettre les lignes à l’épreuve. Je sais que pour mon tout petit, je serais prête à faire attention à moi, mais aussi que cette expérience, de RDV gynécos en kilos qui s’enchainent, de douleurs en sensations inédites, c’est un peu l’ultime dépossession de son corps tel qu’on le connait. J’appréhende et j’espère.

Et puis il y a la danse

Je vous en ai déjà parlé, la danse c’est mon oxygène. Plus j’y réfléchis, plus je comprends rationnellement ce que je sens intuitivement, pourquoi elle me fait tant de bien.

La danse, c’est charnel et c’est précis. La danse, c’est animal, tellurique, plein de sueur, et c’est aérien, parfait comme une mécanique. Ça tire et ça fait mal, tous les muscles sont là, douloureux mais vivants. Quand je danse, je ne me cogne jamais, car je sais où est mon coude, ma cheville, mon gros orteil, car je SUIS mon coude, ma cheville, mon gros orteil. Quand je danse, je ne fais qu’un avec mon corps, je connais toutes ses limites, je le maitrise et le laisse m’entrainer avec lui, je savoure le poids de mon bras et l’inertie de ma jambe.

Ma formidable prof de danse avait su voir tout ce que je vous ai dit, toute la force de ces énergies, à la fois la violence et la libération. Alors que je n’avais jamais fait de classique, elle m’a offert un solo sur scène. Elle l’a chorégraphié pour moi sans moi, et il disait tout ça, tout ce que j’étais : la souffrance, le doute, la féminité douloureuse, les tiraillements, l’équilibre instable, l’énergie explosive, l’espoir… Pas de prouesses techniques, mais une grande intensité expressive.

A nouveau, je danse de plus en plus. J’ai même sauté le pas et trouvé un nouveau cours, deux fois par semaine. En attendant que mon corps se transforme en corps de maman, je l’avais encore un peut plus objectivé. Reprendre la danse, ce sera le subjectiver à nouveau, retourner l’habiter jusqu’au bout des doigts, pour qu’on s’accepte en entier lui et moi.


Ce récit si personnel, sur un sujet dont je parle peu d’habitude (ça existe !), j’espère qu’il ne vous horrifie pas. Je l’ai fait pour mieux me comprendre, et peut-être faire résonner quelque chose chez quelqu’un parmi vous, pour donner de l’espoir ou me sentir moins seule.

Je vous laisse avec cette photo de mon fameux solo, où vous devinerez peut-être cette énergie douloureuse et espérante à la fois, jusqu’au bout des doigts (on dira que la troncature symbolise l’élan jusqu’au plus haut, même si c’est en fait ma copine Coline qui a cadré un peu bas)

Danse 3

 

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23 réflexions sur “Vivre mon corps

  1. Oh que c’est beau, que c’est fort. Et que ça résonne en moi !
    Certes, je ne me retrouve pas dans tout ce que tu nous livres, mais certains passages résonnent douloureusement en moi et je me retrouve à te lire les yeux humides, tout en essayant de faire taire ces pensées que tu réveilles chez moi.
    Je suis admirative que tu aies su trouver les mots pour parler de tout ça : j’en suis encore bien loin.
    Merci de me montrer le chemin, et en attendant que je t’y suive, bonne continuation vers la réconciliation avec ton corps.

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    1. Je suis touchée de voir que d’autres, et toi parmi elles, se reconnaissent dans ces mots… et en même temps bien désolée s’ils t’ont un peu trop chamboulée.
      C’est étrange, ces chemins de réparation, qui commencent par la reconnaissance de la difficulté, déjà coûteuse parfois, et qui se tracent au gré d’une remarque entendue ici ou d’un papier lu là, jusqu’à ce que vienne le déclic.
      Je sens qu’écrire ce billet m’a fait beaucoup de bien, et les commentaires aussi. J’imagine que ce sont de nouvelles pièces pour résoudre ce puzzle.
      Je te souhaite d’avancer toi aussi vers la réconciliation, à ton rythme, et d’ici là que la route ne soit pas trop douloureuse.

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  2. Merci pour cet article très personnel.
    Je pourrais bien te dire qu’il m’arrive de me cogner mais c’est plus par étourderie qu’autre chose. Je n’ai jamais été en guerre contre mon propre corps et je m’aperçoit que finalement ce n’est pas si fréquent.
    Pour moi, on fait vraiment équipe et je sais à peu près l’écouter quand il m’envoie des signaux. Et je me rends compte que c’est une vrai chance.
    Comme tu l’as évoquer, l’éducation y est pour beaucoup. j’espère que ton travail finira par payer ses fruits et que tu finira par être en paix avec lui.
    C’est déjà bien que tu ai trouvé la danse pour t’aider.
    Et les massage, ça te fait du bien ou c’est quelque chose que tu n’apprécie pas?
    Le yoga pourrait être une piste aussi si ça te tente.
    Bon courage à toi.

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    1. Ça fait toujours du bien de savoir que l’équilibre existe, qu’on peut espérer une relation apaisée. Tu dégages souvent dans tes commentaires cette sérénité de l’esprit, ça ne m’étonne pas tant que ça que tu aies aussi cette douceur dans ta relation avec ton corps (bon, avoue, tu es à 2 réincarnations de l’Eveil, c’est ça ?)
      J’adore les massages justement parce qu’ils soulignent la limite, la font exister très nettement. Par contre, j’ai du mal avec le yoga car j’ai l’impression de faire les mouvements sans la tranquillité de l’esprit qui va avec, alors je trouve ça trop lent et je reste frustrée (en revanche, j’ai fait mon premier cours de barre au sol hier, étirements et renforcement musculaire en rythme, ça me permet de bien tirer tout ce qu’il faut sans la brusquerie que je mets dans mes étirements persos)

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      1. Moi aussi j’adore les massages 😊
        C’est au travers de diverses rencontre. Notamment à partir du collège que je me suis aperçu que j’avais un peu grandit dans le monde des bisounourse alors que nous avons un confort matériel que certains aurais pu qualifier d’une autre génération. Seulement nous avons grandit entouré d’une famille unie et aimante. Mon éducation n’a pas été parfaite mais m’a vraiment permis d’avoir un minimum confiance en moi et surtout d’être debrouillarde. Du coup, je pensait assez naïvement que tout le monde grandissait un peu comme moi. Or, je pense que ce n’est pas le cas. C’est d’ailleurs à ce moment que j’ai commencé à me dire qu’assistante sociale pourrait me convenir. Je pense que l’éducation à vraiment à rôle fondamentale à jouer pour l’équilibre mentale des générations suivante. J’ai toujours été assez surprise de la capacités de certaines famille à vouloir que leur enfant soit rapidement autonome et des qu’il atteint une certaine autonomie, on fait à sa place. C’est vraiment très contradictoire. Je pense que certains parents ne veulent pas voir leur enfants leur échapper. Mais en les retenant de la sorte, ils ne leur rendent pas service.
        Quand j’entends parler de motricite libre, de DME, … Rien n’est inventé mais ça permet en tant que parents de se rapprocher à des concepts ou l’intérêt de l’enfant est vraiment au centre.
        Désolé pour ce pavé décousu 😊
        Et sinon pour le yoga, j’avais trouvé l’application asana rebel très bien parce que justement, il y a un certain rythme. J’aime pas non plus qua’d c’est trop lent 😉

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  3. Bonjour,
    Ton article est très intéressant sur la perception du corps, de ses limites que l’on peut ressentir, plus ou moins nettes…Ce qui m’épate, c’est que tu as l’air très à l’aise en danse, ce qui peut paraître contradictoire lorsqu’on sait la précision que cela demande et la nécessité d’être « dans son corps » pour cela…! En tout cas, les photos sont très chouettes et me donnent envie de m’élancer moi aussi sur la piste de danse…
    Bonne journée !

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    1. Merci pour ton commentaire et bienvenue !
      Oui, c’est vrai que c’est étonnant d’avoir cette parenthèse où ça se passe bien au milieu de l’indifférence et du malaise. Mais je crois que comme pour le reste de mes problèmes, j’ai en fait une grande liberté complètement inhibée par des couches de prise de tête, que j’épluche au fur et à mesure.
      Danse, danse, élance toi ! c’est un tel plaisir !

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    1. Merci d’être venue laisser un petit mot. J’ai vu que tu t’étais intéressée justement aux mots du corps récemment. C’est sûr, on ne risque pas d’arrêter d’y revenir !
      Et comme tu l’as senti, c’est vrai, ça m’a fait beaucoup de bien, j’ai l’impression de pouvoir maintenant penser au pas suivant sur le chemin.

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      1. De rien 🙂
        Oui, on ne risque pas d’arrêter d’y revenir, parce qu’il y a tellement de choses à dire, tellement de vécus… et tellement d’angles différents. Je veux dire… Hellocoton a surtitré ton article « Accepter son corps » mais « Vivre » son corps et l’accepter sont des choses différentes, pas tout-à-fait pareilles… et dans le choix de ces mots on voit déjà des développements différents. Donc on ne peut pas arrêter de parler du corps, à moins de ne plus en avoir !
        Souvent écrire aide à clarifier ses propres pensées, à « ratifier » une avancée, avant d’aider celles des autres !

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  4. Je suis épatée par la façon que tu as de retranscrire ça, ce rapport si complexe et si intellectuel finalement! Je me sens presque bête à côté de toi, car je ne vois pas plus loin que le bout de mon nez. Arriver à comprendre tout ça démontre une sacrée intelligence! Et en plus, tu as réussi à surmonter cette aversion, chapeau!

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    1. Ahah, l’intellectualisation, c’est mon atout et ma malédiction à la fois !
      Parfois, j’aimerais pouvoir être dans l’instant, vivre les choses comme elles viennent – ce n’est pas une mauvaise chose de ne pas chercher plus loin que ce qu’on vit, et si on ne souffre pas, c’est même un signe de grande sagesse d’une certaine façon !

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  5. Je tombe ici un peu par hasard, intriguée par les commentaires que tu as laissé à Céline (Hors du Temps). Il me semblait que quelque chose me rappelait .. « moi ».

    J’ai 25 ans, et, ça y est, j’arrive désormais à être à l’aise avec mon corps. Tu ne me connais pas, donc, ça n’a peut-être pas grand intérêt pour toi mais … J’ai un vécu assez similaire au tien.

    Je me cogne tout le temps parce que je n’ai pas conscience de la limite de mon corps. En fait, la plupart du temps, j’oublie que j’en ai un et comme toi, j’avance alors que je vois l’obstacle ! Tu ne peux pas savoir comme je suis soulagée de lire que je ne suis pas seule !

    Moi aussi, je me griffais. Je n’allais jamais jusqu’au sang parce qu’en grande « hypersensible » que je suis, je suis devenue hématophobe. Je suis donc une grande dégoutée du sang, et du corps en général. J’accepte d’avoir un enveloppe, mais tout ce qu’elle contient crée une grande angoisse en moi.

    Toutes ces douleurs que tu décris .. Est-ce que toi aussi, tu passes pour une hypocondriaque ? J’ai toujours mal quelque part (des « petites » choses). Mon mari me dit que mon problème, c’est que je me focalise dessus. Mais comment faire autrement, quand on ne se sent pas optimalement bien et que ce corps se rappelle à nous tous les jours ? Quand il nous limite ?

    J’ai tenté aussi le contrôle à l’adolescence, mais heureusement sans tomber dans le piège des maladies.

    Aujourd’hui, je suis en grande phase d’acceptation de ce corps. J’apprends à ne plus être seulement cérébrale (avant de rencontrer l’amour, j’espérais en trouver un platonique pour ne pas avoir à me « réduire » au charnel). J’apprends à ne faire qu’un avec lui, à l’aimer, à le chérir. Et ça marche :). Un pas après l’autre.

    Je vais continuer la lecture de tes mots. A bientôt !

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    1. Bienvenue ici, et merci pour ton riche message. C’est vrai que je ne te connais pas officiellement, mais je t’ai souvent croisée au détour des commentaires chez les copinautes, et surtout, ça me touche beaucoup de savoir que d’autres gens partagent ce vécu.
      Je viens de lire ton billet d’avril cité par l’Atmosphérique, et du coup, j’ai très peur de gaffer en rapprochant nos ressentis car je n’ai pas eu à traverser ce genre d’épreuve, qui, je suppose, laisse des traces dans le rapport au corps. Mais je vois que même ado, tu avais ce malaise, ce dégoût, cette peur peut-être aussi (être de chair avec un amoureux, ça m’a fait très peur et les inhibitions sont encore très nombreuses).
      Quand j’étais petite, mon père me chantait « Lisette » d’Henri Dès parce que j’avais toujours mal quelque part. En grandissant, j’ai arrêté de le signaler, il ne me reste que des choses assez banales, avec quand même des céphalées de tension régulièrement depuis mon enfance. Mais comme tu le dis, je pense qu’il y a aussi une attention extrême aux ressentis, comme pour les autres sens des hypersensibles (mais ma mère m’a appris à rationnaliser la sensation pour diminuer le côté désagréable, du genre : visualiser le poil qui se détache du follicule pour supporter le Babyliss)
      J’imagine qu’il y a aussi tout un cheminement pour accepter l’imperfection du vivant. Le corps désobéissant, mais aussi les gargouillis et les articulations qui coincent, si on est obsédé par le contrôle et la perfection, c’est agaçant. Alors qu’on peut aussi changer de perspective et apprécier tous ces signes d’une mécanique vivante, issue de millions d’années d’évolution, et qui parvient à s’auto-entretenir bon an mal an pendant des décennies. Pas facile, comme pour tous les autres pans de la vie, d’accepter d’être ce qu’on est plutôt que son idéal de perfection, et d’être bienveillant pour accompagner ce qu’on est vers le mieux…
      En tout cas, je suis contente de savoir que tu as bien cheminé déjà, bonne continuation sur cette voie.

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      1. Ce que j’ai vécu a eu un impact, c’est vrai, forcément. Mais avant cela déjà, j’avais déjà un rapport « particulier » avec mon corps. La recherche d’un amour platonique avant tout ça, et que je fantasme toujours un peu quelque part, cette phobie arrivée très tôt dans ma vie … Bref, d’un côté je suis très nature (et donc proche du corps), et d’un autre … Je le musèle.

        Ces petites douleurs, qui effectivement ne sont pas « grand chose », c’est assez terrible. Pas tellement parce que ça fait mal, mais parce que pour moi, la logique, c’est qu’on ne va vraiment bien que si on n’a mal nul part et que le corps est fluide. Les autres, j’ai toujours l’impression qu’ils n’ont mal nul part ! C’est frustrant.

        Il me semble avoir expérimenté ça enfant, alors j’ai du mal à me dire qu’il soit complètement normal que j’aie toujours un petit souci quelque part. Et comme, ironiquement, je suis quand-même très à l’écoute de ce corps, ça donne une nana qui s’en plaint tellement que mon mari craint que je sois vraiment malade ! ^^

        Le corps est tout de même une machine merveilleuse, comme tu le dis. J’en ai pris toute la mesure gamine en apprenant à chanter, et plus tard sur les bancs de la (regrettée) danse contemporaine.

        J’ai donc appris à en voir sa beauté, son utilité, et je continue cette année en expérimentant le Taï Chi qui lie le corps à l’esprit, ainsi que le yoga. Je suis en bonne phase !

        Je te souhaite la même chose. Que tu puisses l’aimer, le chérir, le libérer, et en prendre « conscience ». On n’est complet, je crois, qu’en fusionnant âme et corps.

        Et j’arrête là mon pavé !

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  6. C’est avec beaucoup d’émotions que je t’ai lu. Réussir à retranscrire ce que tu ressens et de la façon dont tu l’as fait n’est pas dégoûtant mais très beau. Je te souhaite de te sentir mieux après avoir réussi à poser tout ça.
    Je me retrouve un peu dans le fait du contrôle de son corps, de la peur de ce que l’on ne maîtrise pas. Adolescente je l’ai mal mené. Le chemin est difficile. Ton texte donné à réfléchir.

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    1. J’espère que tu poursuivras toi aussi ta réconciliation avec ton corps. C’est fou, de penser au nombre de personnes vivent mal avec cette part d’eux-même au point de se faire du mal. Ça me fait aussi beaucoup réfléchir à la manière dont on éduque les enfants à ce sujet, entre ce qu’on leur dit, ce qu’on leur montre et tout le discours implicite dans lequel on baigne…
      Prends soin de toi

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  7. Tout d’abord merci pour ces photos témoignant d’un de plus de tes multiples talents 😉
    Ton analyse est impressionnant de lucidité. Tu as réussi à me faire questionner mon étourderie mais je ne pense pas qu’il y ait de volonté de me faire mal derrière dans mon cas. j’ai juste deux mains et deux pieds gauches.
    Je te l’ai déjà dit je crois que j’accepte bon gré mal gré plutôt mon corps, ce qui fait que je n’ai jamais vraiment analysé notre relation. Je trouve ça presque dommage comparé à ton approche qui te permet de pouvoir déchiffrer tant de choses… Bref je suis contente que tu aies trouvé la cure à tes tourments et j’espère que ça te permettra de laisser ton corps être encore plus « animal » pendant la grossesse.

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    1. Comme je disais à Frau Pruno, je ne sais pas si suranalyser chaque aspect de sa vie est forcément une bonne chose, quand on est bien dans ses baskets.
      Je trouve que la maladresse est très touchante et amusante, quand la personne ne le vit pas mal.
      Je croise les doigts pour la grossesse, d’abord pour qu’elle se pointe puis pour qu’elle m’apporte une réconciliation plutôt qu’un calvaire façon Urbanie ou Camille…
      Quant à toi, profite bien de ton nouveau corps et de ton bonnet DD-EE-FF 😉

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  8. Comme souvent j’ai du m’y prendre à plusieurs fois pour lire cet article 🙂 . Et comme souvent je l’ai trouvé très intéressant. D’ailleurs tu es en sélection hellocoton mais je ne sais pas si tu as envie qu’on te félicite pour ça 🙂 . Bien sûr il me fait me questionner sur mon propre rapport à mon corps. Je crois de mon côté l’avoir toujours trouvé docile jusqu’à ma grossesse. Et c’est sans doute une des choses que j’ai eu du mal à accepter dans la maternité : l’impression que mon corps me trahissait un peu notamment avec la prématurité.

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    1. A deux fois parce qu’il est trop long pour les mamans de nourrissons ? 😉
      La sélection m’a fait très bizarre, j’ai vu mes stats gonfler et j’ai mis un moment à comprendre ce qui se passait… puis j’ai écrit à mon mari qui est en déplacement pour lui dire ma stupéfaction : mon article le plus personnel, écrit en pensant à mes petites VIP préférées qui me lisent encore, 2500 mots, pas de chapeau sympa, publié en fin de journée, 0/20 au test « comment être sélectionnée sur HC »… mais bon, je vais le dire, ça me touche quand même, surtout parce qu’apparemment, certaines se sont retrouvées.
      Oui, j’imagine que ça doit être dur quand la relation est bonne, le sentiment de trahison quand il n’est pas ce que tu espérais. Pour toi en plus ça s’entremêle à ta relation à tes fils, j’espère que tu es/seras vite en paix avec ce vécu.
      Quant à moi, je croise les doigts pour que la grossesse ne me réserve pas trop de mauvaises surprises (mais comme j’ai déjà de l’insuffisance veineuse, facilement la nausée et que j’ai eu des passages d’hypersialhorrée, je suis moyennement confiante)

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  9. J’ai relu ton article plusieurs fois avant de commenter parce qu’il y a tellement de choses dedans ! Tu as beaucoup de recul sur ta relation avec ton corps, j’admire que tu pousses la réflexion si loin. J’espère que tu te réconcilieras avec cette partie indissociable de toi et en effet, je pense que la grossesse sera un véritable test !
    Pour ma part j’ai toujours eu l’impression que mon corps m’allait plutôt bien. Je suis toujours pleine de bleus mais surtout parce que je fais 10 choses à la fois ou que je vais trop vite dans ce que je fais. Finalement je me rend compte que lui est moi nous sommes plutôt en accord et je ne lui en ai jamais voulu (enfin pour être tout à fait honnête ces temps ci il aurait besoin d’un petit coup de pied aux fesses pour éliminer mes 10kg de grossesse/fausse couche qui semblent être un peu trop à l’aise sur mes fesses et mes hanches !) .
    Je crois même que j’aime bien lire mon histoire à travers lui : cette petite cicatrice sous le nez souvenir d’un bisous un peu trop musclé avec le chien de mes grands parents quand j’étais toute petite, ma cicatrice d’appendicectomie souvenir du collège, celle de ma césarienne qui m’a donné ce que j’ai de plus cher aujourd’hui et même ces lignes blanches sur mon ventre qui me rappellent qu’il n’y a pas si longtemps nous étions 2 dans ce corps.

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    1. J’aime beaucoup ton image du corps comme un album de souvenirs. Il faut par contre y regarder le positif avant tout, parce que des traces de mauvais souvenirs, il y en a aussi, mais si on se sent bien dans sa peau, on arrive à se dire qu’on est qui on est parce qu’on a traversé tout ça, bon et moins bon…

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