Grâce à eux

Mes dernières publications n’étaient pas très réjouissantes, je m’en rends bien compte… C’est le reflet d’une humeur qui m’habite en ce moment, mais aussi d’un climat général déprimant côté thermomètre et côté démocratie.

J’en profite pour présenter mes excuses pour tous ces commentaires et ces réponses en retard, je m’en veux un peu, mais j’espère que vous pourrez me pardonner, ce n’est pas du désintérêt mais une manière d’économiser le peu de ressources disponibles en ce moment.

Heureusement, le soleil pointe le bout de ses rayons, alors plutôt que de m’apitoyer sur les aspects négatifs, aujourd’hui je voudrais vous attirer vers une pensée plus agréable.

J’ai envie de regarder le bon côté de ma vie un instant, celui qui se fait souvent trop discret parce qu’on ne parle jamais des trains qui arrivent à l’heure et qu’on ne passe pas son temps à se rendre compte qu’on n’a pas mal aux dents (sauf maintenant que j’ai attiré votre attention dessus, désolée pour les personnes qui ont effectivement mal aux dents à cet instant).

Il y a plein de bonnes choses dans ma vie, beaucoup issues du pur coup de chance qu’a représenté ma naissance dans une famille CSP+ d’un pays développé à une époque de paix et de progrès scientifique. Je ne vais pas m’attarder là-dessus par écrit, mais je me le répète régulièrement, en mode « count your blessings ».

Aujourd’hui, je voudrais compter d’autres morceaux de ma chance, qui ceux-là ne viennent pas du hasard mais de certaines personnes qui m’ont aidée à cheminer jusqu’ici. Ce sera à nouveau quelque chose de très personnel, ces remerciements pour des rencontres, des amitiés ou un amour indéfectible ; j’ai quand même envie de l’écrire ici, de vous le dévoiler, parce que sur ce blog, il y a beaucoup de regrets sur mon parcours, une amertume douce qui pourrait blesser tous ces gens, or j’ai envie qu’à côté de ces propos un peu tristes se trouve aussi toute la gratitude que j’ai pour eux, même s’ils ne croisent jamais l’URL de ce journal extime.

Alors aujourd’hui, pas de demi-teinte, je contourne les petits manques et les grands ratés, les déceptions et les regrets, pour me concentrer sur toutes les belles choses que toutes ces belles personnes m’ont apportées.

Attention : Listes non exhaustives, c’est impossible de tout dire, alors j’ai fait une petite sélection !


Ma petite maman : pour m’avoir donné confiance en la vie, ce qui me permet, malgré les épreuves, de continuer à espérer ; pour m’avoir appris à écouter et donné des clés pour comprendre les autres ; pour m’avoir montré qu’on n’est pas obligé de suivre le chemin tout tracé (alter-maman, une autre vie est possible !) ; pour être depuis toujours un modèle de femme indépendante qui ne s’est jamais laissé marcher dessus par les stéréotypes ; pour être venue vivre près de moi pour s’occuper de la petite fille triste de 4 ans qui empêchait la grande fille de 30 ans d’avancer ; pour nous aimer sans faillir contre vents et marées…

Mon papa : pour s’être occupé de nous chaque jour pendant toutes ces années, avoir coiffé nos longs cheveux d’enfant tous les matins d’école (un peu n’importe comment, certes, mais il n’y avait pas internet à l’époque 😉 ) et préparé tous ces rôtis du dimanche ; pour m’avoir donné la curiosité du savoir, celle qui ne laisse jamais une question en suspens ; pour nous avoir protégé de tant de façons et nous avoir offert un vrai filet de sécurité au moment de nous lancer dans la vie ; pour avoir su me dire stop quand j’essayais de continuer au-delà de mes forces ; pour nous aimer sans faillir contre vents et marées…

Mon grand frère : pour avoir été un modèle qui me tire vers le haut ; pour m’avoir ouvert la porte sur la magie des mathématiques ; pour m’avoir démontré que le mariage et les enfants, ce n’est pas si pire (OK, j’ai pleuré comme une madeleine en entendant ses vœux, et changé mon fusil d’épaule en voyant grandir sa première merveille) ; pour avoir célébré mon union avec l’homme de ma vie ; pour continuer de m’offrir son soutien quand je trébuche ; et pour les rires et les délires qu’on partage depuis 32 ans sans faillir…

Ma petite soeur : pour avoir partagé (ou plutôt initié) tous nos jeux d’enfants, pour cette complicité qui les rendait incompréhensibles pour tous les autres ; pour ne jamais avoir cessé de me soutenir dans les moments difficiles ; pour m’avoir fait me sentir digne d’admiration ; pour avoir sauté dans le train sans hésiter la veille de ma soutenance pour m’aider à résister au trac ; pour être la meilleure amie dont je pourrais rêver ; et pour les rires et les délires qu’on partage depuis 31 ans sans faillir… (ben oui, elle est plus jeune !)

Mon mari mon amour : pour ne pas avoir renoncé à nos débuts difficiles ; pour avoir tenu bon malgré les épreuves et avoir cru à ma guérison quand je n’étais plus que l’ombre de celle qu’il aimait ; pour m’avoir tant appris sur la simplicité de la vie quand je me retournais la tête puissance mille ; pour toutes les belles choses qu’il a si bien dites à notre mariage malgré sa pudeur ; pour me rendre chaque jour plus courageuse et sûre de mes valeurs; pour le futur qu’on construit ensemble, pour la famille qu’on est déjà et qu’on rêve d’agrandir…

Ma bande de foufous : pour être venus me chercher ma bulle de solitude ; pour m’avoir fait découvrir le bonheur d’être ensemble ; pour les private jokes à mille à l’heure poussées bien au-delà du raisonnable ; pour des souvenirs invraisemblables ; pour être restés même quand j’étais partie ; pour le chemin qu’on a fait ensemble face à la perte ; pour avoir fait grandir nos délire à la hauteur de nos projets d’adultes ; pour m’encourager chaque jour à oser un peu plus ; pour tous les délires qui nous restent à partager…


Cette dizaine-là, c’est mon roc, ma famille, mes indéboulonnables. Je leur donnerais un rein, un poumon et la moitié de mon foie si besoin. Ils sont mon cœur, mon énergie, ma confiance, ils font que je suis qui je suis et m’aident à devenir qui je veux être.

Mais sur mon chemin, il y a tant d’autres personnes qui m’ont aidée à retrouver le Nord ou le sentier qui me conviendrait le mieux…

Ma maitresse de CM1-CM2, qui avait installé les tables en petits groupes et m’a toujours encouragée à aider mes camarade. Grâce à elle, j’ai découvert le plaisir de transmettre avant même d’avoir 10 ans.

Ma meilleure amie de collège qui la première m’a appréciée pour ce que j’étais et pas pour copier mes exos de maths. Avec elle, qui était mon antithèse socioéconomique, j’ai définitivement pris conscience de la richesse dans la différence.

Ce copain de lycée qui m’a dit avec son tact légendaire que le suicide n’avait pas de sens parce que n’importe quoi était une meilleure solution – je ne sais pas quel aurait été mon regard sans cette remarque, mais j’y ai repensé à chaque sursaut de dépression.

Le prof qui m’a fait découvrir la recherche, celle qui m’a ouvert la porte de son labo. Dix ans après, j’y suis toujours.

La prof de danse qui a donné du sens à ma vie dans un des passages les plus difficiles de ma dépression, avec ses exercices juste comme j’en avais besoin et surtout la façon dont elle a su voir l’importance de ces cours pour moi.

Le directeur de mon labo qui me renouvelle sa confiance, avec détermination et empathie, à chaque fois que la maladie m’oblige à abandonner en pleine course.

Tous les enfants que j’ai gardés et croisés, qui ne cessent de me donner leur sourire, avec leurs démarches, leurs éclats de rire, leurs progrès et leurs bons mots. Ils sont comme des petits rayons de soleil dans le quotidien.

Toutes ces pas-si-inconnues qui m’ont tant appris au gré de mes lectures bloguesques et de mes élucubrations par ici, et qui me donne aussi un peu plus de confiance pour essayer de faire mieux (oui, je parle de vous, les copinautes !)


Comme je l’ai dit, ceci n’a rien d’un tableau complet de tout ce que la vie a bien voulu m’offrir, juste un aperçu de ces chances que j’oublie trop de chérir (les diamants dans la merde, pour faire référence à la dernière fois). Je voulais qu’il soit ici, à côté de mes jérémiades et de mes vrais bobos, pour que ce blog ne penche pas complètement du côté de la tristesse et du ressentiment.

Ça signifie que je vous l’ai aussi offert, pas pour exhiber les recoins de ma vie mais pour vous inviter, vous aussi, à prendre quelques minutes pour prêter attention aux reflets scintillants au milieu de la boue… comme les étoiles, plus on se laisse le temps de les contempler, plus on en découvre !

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5 réflexions sur “Grâce à eux

  1. On a tous autour de nous des personnes qui nous ont permis d’être ce que nous sommes et réciproquement, c’est bien de s’en souvenir.
    Et comme je suis une indéfectible partisane du verre à moitié plein, je te dis bravo pour cet article ❤

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  2. Il est très beau cet article. Tu as bien raison d’écrire sur les belles choses car dans n’importe quelle situation, il y a du positif (ok parfois faut chercher, mais quand même )
    Après, notre façon de voir les évènements à un fort impact sur notre vie. Cela ne changera pas l’évènement en lui même mais notre vision est déterminante. Enfin, c’est mon point de vue 😉

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  3. J’adore la remarque de ton copain de lycée, je la ressortirai c’est sûr !
    Tu te doutes bien que je plussoie ta démarche positive, un peu de lumière c’est toujours bon à prendre 😉
    Et merci à toi pour tes élucubrations qui nous font réfléchir et nous enrichissent.

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  4. Merci pour ce bel article. Comme toujours plein de justesse et d’émotion.
    On ne remercie jamais assez les personnes qui nous aident au quotidien, ceux qui se font discret, mais qui sont toujours là pour nous, ceux sans qui nous serions perdus, ceux sans qui la vie n’aurait pas de sens.

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  5. C’est un joli hommage aux proches qui t’entourent. On oublie souvent de voir le positif pour se concentrer sur les choses qui ne vont pas. Mais je trouve que plus on cherche à voir le positif plus il nous saute aux yeux.
    Je suis plutôt du genre à voir le verre à moitié plein et à me dire que le reste finira bien par passer. En général, même quand ça ne va pas je me répète que dans quelques temps ça me paraitra bien loin, qu’il suffit d’attendre.
    Et depuis que je suis maman, le rire de ma fille est le meilleur moyen de me donner le sourire en toutes circonstances !

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