Le monde de Bisounours, vous venez y vivre avec moi ?

Bon, je vous ai appâté(e) avec un souvenir d’enfance (quoi, tout le monde ici est trop jeune pour s’en souvenir ?), mais en réalité, je vous propose un billet un peu sérieux et un peu long (pour changer), qui me trottait dans la tête depuis longtemps mais joyeusement pondu d’une traite ce soir (cette nuit ?). Et je n’ai pas retrouvé ma souris pour faire un joli (?) dessin de une, donc ce sera pour plus tard… Après vous avoir alléché(e)s avec une intro pareil, pas de doute, je sens que vais avoir des centaines de vues  ! Mais en vrai, restez quand même, ce baratin compte un peu pour moi.


Naïve

J’ai toujours été très naïve. Dans tous les sens du terme.

Quand on était petites, ma (petite) sœur se plaisait à me mener en bateau (avec brio), puis elle concluait par un long « qu’est-ce que t’es créduuuuuule ! » (en CE2, elle savourait ce nouveau mot qui m’allait comme un gant).

Enfant, j’étais très sereine avec l’argent, parce que je voyais que la caissière le rendait quand on lui en donnait, et que je pensais que la carte bleue était délivrée à chaque personne gentille qui avait alors le droit de dépenser comme elle le voulait.

Quand j’étais ado, j’ai sincèrement cru un copain qui prétendait savoir reconnaitre la marque des mégots de cigarettes à 3m de distance, et celui qui est devenu mon mari quand il m’annonçait le modèle d’un avion rien qu’aux trainées laissées dans le ciel.

Il y a quelques années, un réceptionniste de B&B en Angleterre m’a fait cet étrange compliment « You look so naive« . Comme c’est, en français, assez négativement connoté, je lui ai demandé de m’expliquer, et il m’a dit qu’il appréciait ma fraîcheur (apparemment « naive » signifie aussi « ingénu », « sans affectation »). Oui, les hôteliers pakistanais me font du gringue quand ils me prennent pour une Turque de 18 ans qui a besoin d’un adaptateur…

J’ai aussi eu beaucoup de mal à comprendre pourquoi il ne suffisait pas de partager le travail en plus petites parts pour que tout le monde en ait un peu, profite de tous les biens et services produits, mais aussi d’un salaire correct et d’un peu de temps libre [mais je me rends compte que je ne suis pas la seule à ne pas comprendre, et ça me réjouis que ces questions reviennent sur le tapis en ce moment].

Mon monde de Bisounours

Bref, je suis crédule, candide, ingénue, simpliste… je suis naïve. Et en général, on me renvoie à mon monde de Bisounours. Parce qu’apparemment, c’est terriblement naïf de croire que fondamentalement, l’Humain est bon, et que ce sont les circonstances qui créent le malheur et l’injustice.

Bien sûr, je vois bien que des gens font du mal aux autres, manquent d’empathie, de respect, d’attention. Et ça me déchire le cœur à chaque fois, que la violence soit physique, verbale ou symbolique. Mon hypersensibilité à la question du respect n’est pas le propos du jour, mais j’y reviendrai peut-être une autre fois.

Ces atteintes à autrui me déchirent le cœur, donc, mais j’ai souvent tendance, sans chercher à les excuser, à essayer de décrypter pourquoi quelqu’un en vient à faire du mal à quelqu’un d’autre. Parfois les gens n’ont connu que ça, parfois ils sont en souffrance, parfois ils n’ont pas appris à prendre autrui en considération*…

* Attention, je n’exclus pas qu’il y ait des gens intrinsèquement « mauvais », mais je pense que c’est assez rare et que ça relève alors de la pathologie mentale, même si la personne est raisonnable, sa méchanceté relève plutôt de la psychose que d’un choix délibéré du mal. Ce n’est que mon avis, qui est peu étayé scientifiquement, mais je vois comment des personnes maltraitantes ont souvent fait « de leur mieux » avec les cartes moisies qu’on leur a distribuées, alors que les génies de mal semblent rares.

Et dans mon monde de Bisounours, j’aimerais qu’on puisse soigner chaque âme blessée pour lui redonner l’envie, mais surtout le courage de faire le bien.

Et dans mon monde de Bisounours, le bien appelle le bien, donc pour réparer, il faut donner encore et encore… de l’amour, du temps, de l’écoute, quand il s’agit de s’occuper d’un enfant ; des ressources humaines et matérielles, de l’encadrement quand il s’agit de s’occuper d’une société.

OK, dans mon monde de Bisounours, on dirait qu’il faut des ressources infinies, mais en fait selon moi, non. Parce que lorsqu’on donne de l’amour à un enfant, il peut à son tour en donner, bien plus que s’il n’en n’avait pas reçu. On crée de l’amour en en donnant. L’argent qu’on injecte à un bout de la chaîne, pour moi, c’est comme la graine qu’on plante : il faut la payer d’abord, mais ensuite, elle grandit, elle fleurit, elle fructifie, et pendant tout ce temps, elle a donné du travail à un paysan, de l’ombre à des amoureux, l’inspiration à un peintre, une délicieuse tarte de Mamie pour ses chers petits-enfants… et de nouvelles graines. L’argent qu’on met dans l’éducation, la culture, la recherche, il nous revient en personnes créatives, respectueuses, bienveillantes et généreuses, et en économies sur la sécurité et la répression.

Naïf, certes… Mais ça ne vous fait pas un peu envie ?

Notre responsabilité partagée

Je suis peut-être naïve, mais je ne suis pas aveugle. Je vois bien qu’on n’en est pas là. Et je vais vous dire comment je comprends ça.

Il y a une condition pour que nous puissions tous vivre en harmonie dans le monde des Bisounours : il faut que tout le monde joue le jeu. Et c’est là que le bât blesse souvent. Parce que les humains sont peut-être bons, ou en tout cas ils ont du bon en eux, mais ils doivent lutter aussi contre d’autres pulsions sacrément coriaces. Pour moi, la pire, celle qui résume presque toutes les autres, c’est l’avidité.

L’avidité prend de nombreuses formes : on peut être avide d’argent, mais aussi de pouvoir, de reconnaissance, de domination, de son propre plaisir… Le gros problème, c’est de ne pas se rendre compte que cette quête avide se fait au détriment des autres : de leur bien-être, de leur reconnaissance, de leur dignité, de leur consentement…

Quand je pense à la souffrance sur Terre, j’ai l’impression qu’une grand partie vient de la difficulté à renoncer à cette avidité sous toutes ses formes : esclavage, dictatures, inégalités, corruption, guerres, colonisation, viols, sectes… c’est du « je pense à ma gueule, et tant pis pour la tienne ».

Et là vous vous dites : « Oula, mais où elle va avec son truc, bien sûr que c’est comme ça que marche les humains ! Elle croit qu’elle a réinventé le pain en tranche ou quoi ? »

Et là je vous réponds : « Restez encore un peu, je vous explique pourquoi ça me paraît important de regarder les choses ainsi ! » (je vous réponds comme ça parce que je suis sympa, je pourrais aussi vous dire d’aller lire ailleurs si vous n’êtes pas bien ici… mon blog, tu l’aimes ou tu le quittes 😉 )

Donc je vous explique, et c’est là que ça se complique. Parce que je ne suis pas une grande philosophe ni une théologienne, mais que je voudrais vous parler de Rousseau et du Talmud. Je vais faire comme je peux pour ne pas dire trop de bêtises, et en profiter pour vous donner mon interprétation, aussi appelée (par moi seule, sauf si vous vous emparez de l’expression, allez-y c’est gratuit) le « principe du petit malin ».

J’en suis à 1100 mots, accrochez-vous à vos lunettes, le vrai billet commence maintenant

Du contrat social

Je l’ai dit, je ne suis pas philosophe, ni même vraiment formée à la philosophie. Mais j’ai croisé Rousseau dans mon bref parcours, et j’ai été saisie par ce que j’ai retenu de son idée de contrat social : on renonce tous à notre liberté pour être tous libres*.

* Pour qui voudrait aller plus loin, voilà la notice, le chapitre, et une citation parlante : « Chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale ; et nous recevons en corps chaque membre comme partie indivisible du tout »

Ma compréhension un peu lâche de jeune Terminale scientifique qui s’ennuyait en philo a simplifié et élargi l’idée : pour vivre ensemble, il nous faut chacun renoncer à quelque chose d’individuel pour gagner quelque chose de plus grand. Ça signifie par exemple renoncer à sa liberté total (de tuer, voler…) pour gagner le respect (de nos vies, notre dignité, nos possessions). Ou renoncer à une partie de notre temps pour le consacrer à la collectivité (le travail), pour que soit produit le nécessaire pour tous. Ou à une partie de ressources pour financer des infrastructures matérielles ou organisationnelles qu’on ne peut pas prendre en charge individuellement (les routes, l’instruction, la protection incendie ou la recherche fondamentale)

On fait tous cette expérience au quotidien, ça paraît une évidence. Sauf qu’on a tous au fond de nous cette petite envie d’avoir un peu plus, ou de donner un peu moins. La plupart d’entre nous la réprimons, on est de bons petits citoyens, on paie nos impôts, on prend notre tour de vaisselle, on paie nos achats dans les magasins…

Le petit malin

Et c’est là que débarque le principe du « petit malin » (Je vais répéter mon expression jusqu’à ce que vous l’adoptiez. Ou que vous ne puissiez plus l’entendre. Au choix). Pour que le pacte social fonctionne, il faut que 100% des gens jouent le jeu. Et pour le foutre en l’air, il suffit d’un seul petit malin. Juste un qui se dit qu’en faisant comme ci, en prenant le problème comme ça, il pourra obtenir un peu plus ou donner un peu moins. Du vol à l’étalage à l’optimisation fiscale, du narcotrafic organisé au recel d’abus de biens sociaux, il y a toujours des gens qui se disent qu’ils sont un peu plus malins que les autres, en voyant la faille dans la réglementation ou dans le système de contrôle, et tout le pacte est ébranlé.

Vous avez déjà pensé à l’énergie déployée pour lutter contre les petits malins ? Les serrures 5 points, les inspecteurs du travail, la brigade des stups, les ONG anti-corruption… (La liste a-t-elle une fin ?)

Vous avez déjà pensé à l’argent dépensé pour rattraper les fraudes en tout genre ? Au temps consacré à refaire loi sur loi pour ne pas se faire déborder par les petits malins ?

Moi, ça me rend triste… parce que je suis du pays des Bisounours et que je ne comprends pas pourquoi les gens ne sont pas prêts à laisser ce petit bout de gain personnel pour le bien de tous, et aussi parce que toute cette énergie, ce temps, cet argent consacré à être un petit malin ou à lutter contre les petits malins pourrait servir à faire de belles choses, utiles, innovantes, créatives, solidaires…

Mea culpa

C’est le moment de dire les choses ouvertement. Je crois qu’à part Jésus, Bouddha et quelques autres, tout le monde est un petit malin à son heure. Parfois, l’occasion fait le larron. Parfois, on ne pense pas assez loin aux conséquences de nos choix. On deviendrait fou si on pensait à chaque personne impactée par le moindre de nos actes.

Je suis bien la première à m’en rendre compte. Je déteste les petits malins, et pourtant, j’étais toute fière de raconter comment j’avais dégoté une machine à coudre PFAFF à 99€. Bien joué pour mon porte-monnaie ! Dans les dents pour les enfants taïwanais qui l’ont fabriquée, la planète qui a encaissé les litres de CO2 nécessaires à son transport et l’employé Lidl sous-payé qui l’a mise en rayon à 5h du matin avant de prendre son poste à la caisse pour 8h d’affilée…

Un copain m’a retourné la volée alors que je tenais un discours sur la scolarisation dans le public et l’importance de favoriser la mixité sociale en n’enlevant pas les enfants des CSP+ du système, en mode « take one for the team ». Légitimité du propos divisée par « Oups ! »

Bref, je ne suis pas exempte de reproche, je le sais bien. Mais à chaque fois que je prends conscience d’un effet pervers de mes actes, quand je n’ai pas été maligne mais une « petite maligne », je m’efforce de changer pour ne pas recommencer

Le grand tonneau de vin

Je voudrais conclure avec une fable que j’ai découverte récemment, issue de la tradition juive (Talmud promis, Talmud dû). Je trouve qu’elle résume à merveille la question, et qu’elle peut être une belle parabole pour transmettre le sens de la responsabilité à nos enfants. Vous pouvez entendre l’histoire complète en anglais ici (mais la prise de son est mauvaise et la narration fastidieuse, peut-être vaut-il mieux se référer au Bava Batra, mais personnellement je ne lis pas l’hébreu ancien – à mon petit regret d’ailleurs).

La fable dit qu’un jour, le roi a annoncé sa venue dans la ville du Raisin, réputée pour son vin inégalable. Pour honorer son arrivée, la population décide de lui offrir un immense tonneau de vin, et chacun est invité à donné un litre de son vin pour remplir le tonneau. Chacun vient, verse sa bouteille dans le grand tonneau, qui se remplit, remplit, remplit. Le jour de l’arrivée du roi, on lui présente le grand tonneau, on place une coupe d’or sous le robinet, et… c’est de l’eau qui s’écoule du grand tonneau !

Pourquoi ? Parce qu’au moment d’apporter sa bouteille, chaque habitant s’est dit que c’était quand même fort dommage de se séparer d’un litre entier de ce si bon vin. Il suffirait de remplir la bouteille d’eau, et personne ne s’en rendrait compte au milieu de tout ce vin apporté par les autres. Ainsi, chacun a voulu être le « petit malin » de l’histoire, mais le résultat s’est retourné contre chacun, puisque la ville tout entière a été déshonorée devant le souverain.

L’histoire s’arrête là, après avoir longuement expliqué la morale, à savoir que chacun doit être responsable pour que la collectivité puisse fonctionner.

J’aimerais y ajouter quelques réflexions personnelles :

  • ça évoque bien sûr « une goutte dans la mer », qui est censée ne rien changer. Sauf que goutte à goutte, le vin est remplacé par l’eau, le cadeau devient injure, le bien devient mal.
  • mais ça marche aussi dans l’autre sens, plus classique : une goutte de bien dans le mal semble inutile. Pourquoi irais-je mettre du bon vin dans ce tonneau alors que je suis sûr que les autres ont mis de l’eau ? mon vin sera si dilué qu’il en sera gâché, alors autant mettre de l’eau moi aussi !
  • c’est comme ça qu’on entend encore des discours qui disent que voter ne sert à rien, que donner ne sert à rien, qu’agir contre les inégalités ne sert à rien… c’est comme ça que les petits malins réussissent à détruire le pacte, non pas seulement en détournant les règles à leur avantage, mais aussi en dégoûtant les autres de faire ce sacrifice, qu’on ne consent normalement que parce que tout le monde le consent. [Notez au passage cet usage transitif direct du verbe consentir, c’est-y pas magnifiquement désuet ?]

Et avec tout ça ?

Félicitations, si vous lisez ceci, vous avez tenu les 2400 premiers mots de ce billet, ne vous découragez pas en si bon chemin, ce ne sera plus très long…

Pour boucler cette réflexion, il faut bien en arriver à la question qui tue : et qu’est-ce qu’on fait de tout ça ?

Parce qu’on pourrait se dire « super, maintenant je peux citer Rousseau, le Talmud ou Ars Maëlle sur le sujet (oui oui, pas de problème, je range le « principe du petit malin » au même étage intellectuel que les deux autres, tout va bien. Ah merde, mon bonnet vient de craquer !), mais je ne vois pas ce que je peux y faire ! »

Ma réponse, humblement (oui, finalement j’aime bien mon bonnet, je vais le recoudre et arrêter de me prendre pour un prophète) c’est simplement que voir les choses ainsi me permet de regarder en face mes responsabilités, de prendre conscience de ma tendance « petite maligne » quand elle pointe le bout de son nez, et de faire l’effort de ne pas la suivre. Ça veut dire que je signale au caissier qu’il m’a rendu trop d’argent, que je n’essaierai pas de gruger le fisc, que je prends mon tour de vaisselle, mais aussi qu’en retour, je me considère pleinement légitime quand il s’agit d’être de l’autre côté : je compte sur le caissier pour ne pas m’arnaquer, je m’attends que la vaisselle soit faite quand ce n’est pas mon tour, et lorsque je n’ai pas de travail, je demande mon chômage (dans le public, c’est une aventure qu’on vous déconseille). Donnant-donnant, tout simplement.

Et surtout, cette vision, j’aimerais la faire vivre, la transmettre – à mes enfants, et à vous, pourquoi pas ? En espérant qu’ainsi, on soit un peu plus nombreux à apporter du vin plutôt que de l’eau, et que le résultat final soit de plus en plus buvable.

Maintenant que j’ai terminé, je vous pose LA grande question : alors, vous venez vivre avec moi dans le monde des Bisounours ?

Edit à 14h : Avec délicatesse, Die Franzoesin vient de m’annoncer que je n’avais rien inventé (ouf, mon bonnet ne risque plus rien alors !). Bon, évidemment je m’en doutais vu que le Talmud avait déjà repéré la blague il y a quelques siècles, mais je suis très contente d’apprendre qu’il existe une théorie formalisée sur le principe du petit malin, appelée en français le problème du passager clandestin (free rider en VO). Allez-y voir, ça vous expliquera pourquoi il faut vacciner ses enfants !

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35 réflexions sur “Le monde de Bisounours, vous venez y vivre avec moi ?

  1. Ars Maëlle, j’aime ton monde de bisounours. Ma réflexion n’est pas aussi profonde que la tienne. Tu m’épates toujours autant pour ça !! Mais je suis entièrement d’accord avec toi et ton raisonnement de petit malin.
    Je pars du principe qu’agir à son échelle, faire des petites choses au quotidien, ça ne changera pas la face du monde on est d’accord, mais que ça fait du bien pour soi et son entourage. C’est être respectueux des êtres qui nous entourent, c’est pour le bien vivre ensemble.
    C’est peu, mais j’ose espérer que cette petite bulle s’agrandisse petit à petit autour de nous.
    Merci pour cet article optimiste.
    Et promis il faut que je regarde ta vidéo, notre vraie connexion internet revient la semaine prochaine.

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    1. Je suis contente que tu trouves ça optimiste, parce qu’en vérité, je suis empreinte de fatalisme en regardant le monde, mais je me dis qu’il faut continuer à agir, à sa petite échelle, ne serait-ce que pour être en accord avec soi-même. Et si ça infuse un peu, tant mieux !

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  2. Je découvre ton blog et je trouve ta réflexion très intéressante. Je pense aussi que nous sommes tous des petits malins potentiellement égoïstes, même quand on s’imagine très vertueux. La quête de confort et de plaisir brouille souvent les cartes du vivre-ensemble… Mais cela n’empêche pas de prendre ses responsabilités et de faire de son mieux, comme tu le dis si justement.

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  3. Moi mdame, moi Mdame !
    Je pense que l’homme est naturellement bon mais je pense qu’il est aussi naturellement égoïste (contradictoire moi ?). Je pense que le vivre ensemble s’apprend et qu’on ne naît pas teamplayer ou l’inverse. Du coup oui si on ne veut pas être le petit malin de quelqu’un il faut faire des efforts.
    Une chose qui m’avait choqué en Chine est le peu d’égard que les gens ont pour les autres. Je ne dis pas que l’Europe est un exemple d’altruisme mais on en est pas à considérer les autres comme un obstacle sur notre chemin.
    Je n’ai pas le temps de te faire un long commentaire et c’est inutile parce que je suis d’accord sur toute la ligne.

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    1. Je pense que je vais développer plus longuement dans la réponse à Chat-mille, mais ce que tu dis sur la Chine est assez frappant, dans une société dont j’imaginais un côté ancestralement solidaire du fait du respect des anciens… je pense que la dépersonnalisation de l’autre – liée au libéralisme mais aussi aux conséquences de l’accroissement de la taille des groupes humains (plus d’inconnus, division sociale du travail, élargissement territorial… on ne voit plus la chaine de conséquences de nos actes sur les autres) – favorise des logiques individualistes ou compétitives qui sont déjà présente dans notre logiciel de base…
      Mais c’est parfois un vrai effort que de le combattre, qui en plus est rarement payé de retour sur le plan individuel, si on excepte la satisfaction d’être droit dans ses bottes (est-ce une bonne motivation ?)

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  4. Alors pour commencer je t apprendrai peut etre quelque chose en te disant que la théorie du petit malin à un autre nom sans doute un peu plus connu c est la théorie du passager clandestin 😉 . Et comme tu le dis très bien ce n est pas joli joli mais on a forcément tous tendance à le faire un peu un jour. Donc merci pour ce petit rappel 😉 .

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    1. Merci beaucoup pour l’info, comme tu as vu je me suis empressée de l’ajouter en complément. Je suis bien contente de savoir maintenant où chercher pour aller plus loin sur le sujet (toujours en dilettante bien entendu) 🙂

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  5. Moi aussi, je viens, moi aussi, je viens!
    Bon déjà, je ne sais pas si je suis naïve, mais je plane facilement (genre inutile de me faire des appels de phare en voiture, je ne les vois pas …).
    Pour ce qui est du coté « petit malin », finalement, l’important c’est d’y être attentif et de faire de son mieux ;-). Le coté démarche zéro déchet va d’ailleurs plutôt dans ce sens

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  6. J’aime beaucoup ton monde de bisounours et t’y rejoindrai avec plaisir mais je n’y crois pas. Je n’ai pas confiance en l’Homme. Je suis d’accord avec toi pour dire que les génies du mal sont rares, et si on en croise, ce sont des cas pathologiques. Mais de la même façon, je pense que les génies du bien sont aussi rares. Et notre société individualiste qui place le profit en 1ère position ne fait rien pour arranger les choses. Mais ta théorie du petit malin peut hélas être étendue à une échelle plus importante: dans le contexte de la mondialisation, un état est-il vraiment souverain ? Autrement dit, peut-on reprocher à notre société sa recherche de profit ? Nous avons la chance d’avoir une culture sociale (quand je pense à Trump qui veut annuler l’obamacare…) et si tout n’est pas parfait, loin de là, je ne pense pas qu’on ait beaucoup à se plaindre. Après, évidemment, ça n’empêche pas les initiatives citoyennes et les prises de conscience pour mettre davantage de vin que d’eau. Mais je reste globalement sceptique au niveau de la collectivité.

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    1. Je comprends bien ta réflexion, et bien sûr, d’un point de vue purement rationnel je suis confrontée aux mêmes questions-pièges que toi… C’est l’éternel combat de l’idéologie VS la Realpolitik, quelque part. Dans mes rêveries naïves, le communisme est en place, mais pas en version dictature, en version on partage les ressources parce qu’on accorde de la valeur à la vie d’autrui, comme dans l’idéalisation des sociétés ‘primitives’ où on ne laissait personne mourir de faim (il faut juste faire abstraction de la violence réelle et symbolique institutionnalisée ^^) – mais je sais que toutes les entreprises du genre à grande échelle a échoué, et serait à nouveau vouée à l’échec…
      Mais ça ne m’empêche pas de continuer à rêver, soit pour ma colonie humaine sur Mars prévue pour 2054, soit juste pour éviter que mes enfants ne deviennent des cyniques blasés prêts à marcher sur la tête des autres pour avancer (je ne dis pas que c’est ton cas, hein, juste que c’est mon moteur d’espoir)…

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  7. Bonjour,
    La lecture de votre article ce matin a été comme une bouffée d’air frais. J’aspire moi aussi, toute utopiste que je suis, à vivre dans ce monde des Bisounours! Mais également, dans la mesure du possible à contribuer à son essor et à sa promotion… Et si tout cela devenait, à l’aube des présidentielles, une mouvance de pensée à part entière ? On peut rêver !!! ☺
    Merci en tout cas pour ce bel article qui en plus de me faire rêver les yeux ouverts, donne matière à réfléchir et à agir à sa mesure.

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    1. Merci pour votre commentaire, c’est un plaisir de découvrir de nouvelles lectrices et aussi de croiser des gens qui ont encore un peu d’espoir (personnellement, je suis moitié désespérée, moitié gonflée à bloc !).
      En effet, l’arrivée des élections donne envie de changement, malgré ou a fortiori au vu des derniers scrutins internationaux…
      Alors essayons de garder le côté optimiste plus fort que le côté pessimiste et remontons nous les manches (mais pas cette semaine, je suis en congé 😉 )

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  8. Tu as bien choisi ton moment pour parler des petits malins (Si tu es triste, si tu as un gros chagrin, tu sais qu’il existe, chez les p’tits malins…) (si tu ne connais pas ça, ça y est, tu es définitivement convaincue que je suis cinglée) 😉

    Je suis aussi naïve et un peu bisounoursique, je suis d’une honnêteté absolue (ou presque) et je suis toujours sincèrement surprise quand j’entends que quelqu’un a fait quelque chose de mal. Mon premier réflexe est toujours de demander si c’est vrai, ou s’il l’a fait exprès. Je crois aussi que la plupart des êtres humains ne sont pas fondamentalement mauvais, que ce n’est souvent une question de point de vue (sinon ton beau-frère insupportable n’aurait pas d’amis, n’est-ce pas, à part à supposer que tous ses amis soient aussi fondamentalement mauvais, et les amis de leurs amis, et les amis des amis de ses amis… et puis ta sœur, pour commencer, elle doit bien lui trouver quelque chose, elle ne serait pas mise volontairement avec un génie du mal, si ?), que la plupart sont honnêtes et ne font pas sciemment des choses qui nuisent aux autres.

    Alors évidemment, il y a les petits malins. Mais il y a quelque chose dont tu ne parles pas dans ton article, qui est le sentiment de nécessité. Réelle, ou supposée. Mais quelqu’un qui vole parce qu’il n’a aucun argent, ou pas assez pour vivre ? Les gens qui vont à Lidl parce que c’est la seule chaîne de magasin dans leur budget ? Ou même ces gens objectivement riches qui se sentent obligés de frauder parce qu’ils n’arrivent plus à maintenir leur train de vie et qu’ils ne savent pas faire sans ? (moi ça me choque toujours un peu quand j’entends des gens qui gagnent le quintuple de ce que je gagne dire : « Je suis étranglé par les impôts, avec ma maison à rembourser, les travaux en cours, la crèche privée de mon fils… » j’ai envie de dire : « Mais t’avais qu’à pas acheter de maison à la base, est-ce que j’achète une maison, moi ? Est-ce que je fais des travaux ? Est-ce que ma fille est en crèche privée ? » mais d’un autre côté, heureusement qu’ils ne vivent pas comme moi en gagnant cinq fois plus, ce serait parfaitement stupide, moi aussi je voudrais une grande maison aménagée à mon goût – ou plutôt au goût que des influenceurs en tout genre m’ont présenté comme étant le bon goût de 2017, ben oui, bizarrement, ma maison idéale, je la vois blanche partout, avec des plantes, des objets aux tons pastels et des meubles épurés en bois clair, pas avec de la tapisserie à motifs, de la déco en or massif et des fauteuils Louis XIV… mais c’est un tout autre débat, j’en conviens)

    En fait, c’est plutôt le procès des pas malins. Ceux qui n’ont pas suivi la voie la plus judicieuse, ceux qui n’arrivent pas à faire autrement, ceux qui ont une mauvaise gestion de leur vie et de leur argent, peu importe leur classe sociale. C’est l’effet d’une société qui nous pousse toujours et encore à la consommation, pas uniquement pour contenter notre vanité (ou notre avidité comme tu dis), mais parce que posséder permet d’être mieux considéré (il n’y a qu’à voir avec quel mépris on traite les « cas soc' », ceux qui se baladent en jogging, le cheveu hirsute, parlent mal faute d’avoir fait des études, se nourrissent de junk food et habitent en HLM…). Où est la justice là-dedans ?

    Tant qu’on aura pas une société juste, tant que certains feront (de façon illégale, ou de façon tout à fait légale) des profits indécents (ou même décents : j’envie mes copines CSP+ qui n’ont pourtant rien à se reprocher moralement) et qu’on les présentera aux autres comme le modèle à suivre, le but à atteindre, je pense qu’on aura des petits malins qui essaieront de contourner un système qui (de leur point de vue) les écrase… Et du coup je ne crois pas que ce soit suffisant de tenter d’éradiquer le phénomène en faisant appel à la morale. C’est ce que l’Eglise a tenté de faire quand elle avait encore du pouvoir, et on s’est vite rendu compte qu’elle nous prenait juste pour des blaireaux, à nous promettre le paradis si on acceptait notre sort en attendant.

    Bon, je vais peut-être m’arrêter là, je suis peut-être (une nouvelle fois) un peu partie loin… Mais voilà, je crois qu’il y a finalement quelque chose de plus grand qu’un simple souci individuel, c’est tout le système inégalitaire qui crée ces petits malins (qui sont ou se croient poussés par une nécessité) (je suis sûre que pour le couple Fillon, entretenir leur manoir, bien s’habiller et mettre leurs enfants à l’abri des soucis financiers sont des choses perçues comme une nécessité, une nécessité de classe). Le problème, c’est qu’on ne sait pas faire sans ce système inégalitaire. Dès qu’un groupe de plus de trois humains se forme, une hiérarchie se crée, dès qu’une hiérarchie se crée, il y a un jeu de pouvoir qui se met en place, et dès qu’un jeu de pouvoir est en place, tous les coups deviennent permis (comment passer de Fillon à Game of Thrones en deux phrases).

    Bref, désolée d’avoir un peu détruit cet optimisme sur les petits cours d’eau qui font les grands ruisseaux 😉 Et bien sûr que sur le fond je suis d’accord, d’autant plus que comme je le disais, je suis 99% honnête (ok, il m’est arrivé de frauder dans le bus quand je n’avais pas d’argent ou pas le temps pour acheter un ticket, mais toujours avec mauvaise conscience !) et que je crois qu’effectivement chacun a un devoir moral pour que la société fonctionne (et perdure, avec son culte du mérite qui désavantage toute une partie de la population, la partie moins intelligente, moins charismatique… moins chanceuse aussi, celle qui naît avec le moins de clés en main pour devenir intelligente, charismatique et méritante) (et souvent je me dis : « Est-ce que moralement j’ai le droit de pousser mes enfants à faire de bonnes études, à accéder à des métiers bien payés et à bien vivre au détriment d’autres moins chanceux ? » et la réponse c’est que je m’en fous, en fait, de la morale dans ce cas, que je veux juste que mes enfants vivent confortablement, même en profitant à fond les ballons d’un système injuste et oppressant pour les moins favorisés… est-ce que ça fait de moi une bonne ou une mauvaise mère ? peut-on être une bonne mère et un mauvais être humain ? une mauvaise mère et un bon être humain ? comment résoudre ce paradoxe ?) (je vais appeler ça le « paradoxe Pénélope Fillon », y’a pas de raison qu’il n’y ait que toi qui crées des concepts aujourd’hui ;)).

    Et sur ce je vais répondre à ton mail.

    PS : Sinon cette histoire de petit malin/passager clandestin me rappelle quand je m’étais rendu compte au lycée qu’une théorie sur la mort que j’avais élaborée enfant (dans la salle de bain de mon père, sur les toilettes rose granit, en regardant pensivement le lavabo lui aussi rose granit – autre temps autres influences décoratives) avait en fait été conçue bien avant moi par Épicure. Je m’étais sentie très intelligente sur le coup. Et aussi bien insignifiante face à des siècles de pensée humaine. (Je suis d’ailleurs sûre que le « paradoxe Pénélope Fillon », si tant est qu’il ait une quelconque valeur ce dont je ne suis pas certaine, existe sous un autre nom… mais sûrement bien moins classe que celui-ci !)

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    1. Oulala, il va falloir que je construise ma réponse tranquillement en plusieurs fois pour pouvoir tout aborder…

      Mais d’abord : « …un ours aimable, gentil et câlin, à l’abri dans ton cartable… » – t’inquiète, je connais (comme si un ours avait pu m’échapper, moi l’étymologique Princesse des Ours, qui était prête à descendre dans la fosse à Thoiry à 6 ans, qui collectionnait les ours en peluches et qui a épousé un ours (oui, même la prof de français avait dit que mon mari était un ours, un jour où il se grattait le dos Baloo-style sur le radiateur du fond de la classe) (Whaa la révélation !)

      Pour la présence du mal dans le monde, je suis tout à fait d’accord. Le manipulateur qui a blessé ma soeur n’a pas choisi d’être un connard, je sais comment il a été élevé et je ne sais pas s’il a une chance de revenir de cette éducation pour devenir un mec bien, car il devra d’abord prendre conscience du problème… Donc j’abhorre ce qu’il a fait à ma perle de soeur, j’ai dénoncé chacune de ses crasses, mais je reste persuadée qu’il n’a pas cherché délibérément à faire le mal.

      La nécessité ! en effet un aspect fondamental, qui m’inspire plusieurs réflexions :
      – D’abord, dans mon monde de Bisounours, personne n’a à voler parce qu’il a faim, parce que j’ai oublié de le dire, mais dans ce monde là, on partage pour de vrai, on ne rencontre pas d’écarts de richesse d’ordre 1 à 100 ou 1 à 1000 (ou plus !) car personne ne croit qu’une heure de son temps vaut 1000 heures de celui de quelqu’un d’autre… Et personne n’est laissé sur le bord du chemin. Mais c’est aussi utopique que de croire que tout le monde peut accepter de payer ses impôts avec le sourire…
      – Parenthèse sur le style de vie : quand j’étais petite, j’ai dit à mon père : le maquillage ça sert à rien, pourquoi les gens n’arrêtent-ils pas d’en acheter et ne donnent pas l’argent à ceux qui en ont besoin à la place ? [grand classique, comme « pourquoi le monsieur il a pas de maison ? »] et mon père m’a répondu que beaucoup de gens vivaient grâce à l’industrie cosmétique, et que si on arrêtait d’acheter ça mettrait plein de monde en difficulté financière. Donc il ne faut en effet pas que tout le monde achète à Lidl avec un salaire mensuel à 5 chiffres, mais d’un autre côté, la consommation raisonnée, loin des bulles spéculatives et du luxe-obsolète-au-bout-de-2-semaines, ça me paraît envisageable et la seule solution vis-à-vis de la planète.
      – Ensuite, un noeud du problème pour moi : les enfants. J’espère encore le premier, mais ça fait des années que je sais que mes choix de vie sont dirigés par ma volonté d’avoir des enfants. Parce que moi, j’accepterais de vivre de quasiment rien, de me priver de superflu, de donner tout ce qui dépasse les « bare/bear necessities » (pour en revenir à Baloo 😉 ). Mais je veux que mes enfants soient à l’abri du besoin, quoi qu’il m’arrive et quoi qu’il leur arrive. Je ne volerais pas pour moi, mais pour qu’ils puissent manger, oui. Je n’aime pas les héritiers façon Bourdieu (même si j’en suis une) mais je ferai tout pour avoir les moyens de leur offrir une vie acceptable, voire agréable, et aussi de faire les choix qui leur permettront de faire de même avec leurs enfants. C’est pour ça que j’ai fait des études supérieures, alors que mon rêve était d’être potière et de vivre de mon potager – pour pouvoir leur payer une vraie maison, des études, et ne pas être un fardeau financier quand je serai vieille (raté, je suis au chômage, mais c’est une autre histoire). J’ai l’intention d’écrire un truc sur le sujet bientôt, parce que c’est pour moi le vrai game changer : on peut combattre notre égoïsme pour nous même, mais pour ceux qu’on aime, c’est dur (après, il y a des niveaux, entre leur offrir des cadeaux, faire le choix de l’école alternative et les embaucher à 150€/h comme certains élus, la palette est large) [donc au repêchage de la fin de ton commentaire, je ne pense pas que vouloir que ta fille s’en sorte soit autre chose que normal]
      – pour revenir sur les « pas malins » et les laissés-pour-compte, ceux à qui on n’a pas donné le mode d’emploi, c’est marrant, j’ai aussi un billet en tête sur le sujet, qui repose notamment sur l’erreur fondamentale d’attribution (je développerai plus tard mais en gros la façon dont on juge les pauvres stupides et les chômeurs fainéants, et bien sûr il y a toute la question de la reproduction sociale à ajouter. Mais comme je disais plus haut, ça n’arrive pas dans mon monde de Bisounours, parce que chacun ouvre ses bras et son coeur pour aider ceux qui en ont besoin à grand coup d’arc-en-ciels et de bisous.

      Un mot aussi sur la hiérarchie entre humains. Je suis d’un milieu qui valorise peu l’argent mais beaucoup l’intelligence, ou peut-être plutôt l’accomplissement intellectuel traditionnel (diplômes, métiers intellos…) Et j’ai énormément travaillé sur moi pour de départir de ce sentiment de supériorité (mâtiné de complexe d’infériorité sinon ce serait pas rigolo) Même si ma meilleure amie de collège était fille d’ouvriers et dernière de la classe à cause de sa dyslexie non diagnostiquée et que je ne me suis jamais sentie au-dessus d’elle en tant que personne, j’ai longtemps eu besoin de me comparer sur ce point. Et j’ai compris, grâce à mon livre sur l’imposteur, que l’intelligence n’est pas une donnée immuable, et de là j’ai réussi à détricoter mon élitisme intellectuel, en regardant la complexité d’une vie humaine, des compétences aux savoirs et savoir-être, et surtout à arrêter de hiérarchiser les gens. Je garde juste mon petit jugement sur « être une bonne personne ou non » (ouh c’est pas bien ! mais en fait c’est plutôt « à l’instant t, essayer d’être une bonne personne », ce qui n’est pas essentiel mais conjoncturel), et pour le reste je profite des qualités de chacun.
      Je n’ai jamais eu de velléité de domination dans d’autres champs que l’intelligence (financier, esthétique, politique, par exemple) donc j’arrive à imaginer qu’on puisse, comme je l’ai fait, se détacher de ses tendances pour regarder chaque personne comme ayant toute la valeur de l’humanité en elle du simple fait d’être humaine, mais c’est complètement utopique de croire que tout le monde peut partager ça.
      Pour info, dans mon monde de bisounours, on accorde autant de valeur à celui qui balaie le bureau qu’à celui qui l’occupe, parce que les deux tâches sont nécessaires. Et la politique est gérée collégialement par des gens tirés au sort pour éviter de propulser en haut seulement ceux dont l’ambition délirante a permis l’ascension au prix de minuscules trahisons et toutes petites malversations… (mais dans mon monde, tout le monde est intelligent, objectif et bien informé, et ça je sais que c’est encore plus irréel que le reste)

      Juste un dernier mot (paragraphe plutôt) sur l’appel à la morale. Je n’avais pas regardé mon propos comme moral, mais tu dois avoir raison, c’est ma morale humaniste bobobouddhiste de gôche, que j’ai le tort de croire universelle, comme beaucoup de gens avec leur propre morale. Mais comme tu vois, heureusement je ne m’arrête pas là, j’ai un ambitieux projet politique pour aller avec ma morale : le communisme gentil participatif avec tirage au sort parmi les citoyens qui sont tous intelligents et au service du bien public. (Facile, quoi !)

      Voilà, je crois que ma réponse est encore plus longue que ton commentaire (^^), mais je tiens à te remercier pour toutes tes remarques parce qu’elles m’ont vraiment permis d’avancer dans ma réflexion.

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      1. Déjà je vais commencer par m’excuser (ou te prier de m’excuser, nuance de vocabulaire que m’avait enseignée sèchement un prof de fac un jour où j’étais arrivée en retard en cours) (Georges, si tu me lis, ta petite humiliation publique a changé ma vie). Franchement, j’ai parlé de « ton beau-frère » de façon tout à fait innocente, parce que quand dans une famille y’a un connard, c’est généralement le beau-frère. Du coup c’était un « tu » général, pas un « tu » faisant référence à toi. Généralement le beau-frère pourri, c’est juste un type avec des idées de merde, des manière de beauf (d’ailleurs l’expression vient de là, non ?), dont l’agenda vient toujours piétiner le vôtre pour les rencontres familiales, ce dont il n’a rien à carrer tout égocentré qu’il est. Bref, un connard gentillet qui nous fournit surtout une bonne raison de râler. Je n’ai pas imaginé une seule seconde que tu pouvais avoir eu un vrai connard dans ta famille et qu’en plus c’était bel et bien ton beau-frère. Et autant je trouve des excuses au gentil connard, autant il ne viendrait pas à l’idée de défendre un authentique connard, toute bisounoursique que je sois. Enfin si, dans l’absolu, il a sûrement des raisons profondément ancrées, que tu as très bien évoquées, dans l’absolu, on peut admettre qu’il n’est pas né mauvais et l’est devenu par le contexte, mais plus pragmatiquement, beaucoup moins froidement, je suis d’accord pour dire que ce genre de personne est juste un poison dont il faut à tout prix se débarrasser, surtout s’il fait du mal aux gens qu’on aime. Bref, je m’excuse, c’était une très grosse maladresse de ma part, due à mon ignorance de ta situation familiale (et si je l’ai connue à un moment, cette situation familiale, je te rappelle ce que je t’ai dit je ne sais plus quand – justement – : on m’appelle Dory, j’oublie tout) (d’ailleurs au début je n’ai même pas compris que tu répondais à quelque chose que j’avais dit, tellement j’avais parlé de « beau-frère » au pif). Si j’avais su, je me serais tue.

        Ensuite, sur une note beaucoup plus légère : mais il faut le préciser si ton monde bisounoursique est complètement différent du nôtre, c’est fondamental 😀 Après, c’est vrai sans doute que c’était un peu sous-entendu, puisque dans un monde où il n’y a pas d’abus il y a sans doute moins de différences de richesse. Mais j’ai tout de même l’impression que toute différence de traitement, même la plus infime, entraîne un sentiment d’injustice. Dans un monde idéal, pour moi, toutes les heures de travail devraient valoir la même chose, parce que dans la pratique, l’ouvrier perd autant de temps de loisir que le patron (ça, c’est le rouquin sexy qui m’a permis de le conceptualiser). Je ne crois pas que les 35h de mon mari valent moins que les 35h de son chef. Ok il a moins de responsabilités, mais son boulot est aussi moins intéressant et plus fatigant physiquement, ce qui me semble rattraper le truc.

        Sauf que ça je pense que c’est impossible à mettre en place. Les gens ne veulent pas être payés autant que quelqu’un qui a fait moins d’études ou qui a moins d’expérience (ça c’est d’ailleurs la théorie, parce qu’en pratique, on peut valider un bac + 10 et être payé au SMIC, juste parce que ce n’était pas les « bonnes » études – coucou ! – bon ok, je n’ai que bac + 5… il n’empêche que ça me fait bien rire quand on me propose de m’inscrire à l’APEC comme si mon diplôme valait autant que celui d’un type qui sort d’école de commerce) (mais c’est un autre débat, restons dans le cadre général lui aussi un peu bisounoursique où études/expérience = money). Et donc je ne suis pas sûre que ce soit humainement possible d’éradiquer complètement la catégorie des tricheurs… mais c’est peut-être bisounoursiquement possible 🙂 Et dans tous les cas, effectivement, si on permet à tout le monde d’avoir le minimum pour vivre, on corrigera une bonne partie de cette nécessité ressentie par certains et on permettra à beaucoup de gens d’être « vertueux ».

        Bon, une fois encore j’utilise un vocabulaire connoté religieusement, et tout comme quand j’ai parlé de morale, c’est un peu maladroit (je t’ai dit aussi que la maladresse était un de mes gros défauts ?). J’ai un peu caricaturé en évoquant l’Eglise, mais en règle générale, je ne t’accuse pas du tout de vouloir nous faire « la morale » bête et méchante 😉 Et si tu as une morale « humaniste bobobouddhiste de gôche », j’ai exactement la même (marions-nous, c’est autorisé maintenant !) (bon faudra divorcer avant, mais ça aussi c’est autorisé, ô joie !) 😀 Et le pire c’est que j’en suis fière, je suis fière d’être humaniste, bobo (pas dans le sens « je me la pète en suivant les idées à la mode », mais dans le sens très bien expliqué par Nya ici : https://www.sous-notre-toit.fr/je-suis-bobo-et-jassume/ ), bouddhiste (pas dans le sens religieux du terme, mais je me retrouve beaucoup dans la philosophie – et puis je suis végétarienne ;)) et de gauche, et plutôt du côté gauche de la gauche, genre bien bien à gauche, clairement gôche comme tu dis avec au moins deux accents circonflexes superposés (malheureusement mon clavier est bien plus limité que mes idées). C’est juste que je savais pas comment résumer de façon condensée la non-petit-malin-attitude (« je serai ton cooo-pain… » ben oui, fallait bien terminer le couplet :p).

        Bref, j’espère que tu n’as pas mal pris mon commentaire, qui ne visait pas du tout à t’attaquer personnellement, ni à détruire ta théorie (qui se vaut parfaitement, et qui est d’autant plus valable, que comme l’a fait remarquer Franfran, elle est mondialement reconnue). C’est juste mon esprit de contradiction qui a parlé, puis mon cerveau qui est gentiment parti en live en brodant gaiement autour du « oui mais ». D’ailleurs avant qu’il ne recommence, je vais aller me coucher 😉 (même s’il y aurait encore énormément à dire sur le sujet et que j’ai d’ailleurs trouvé ta réponse très intéressante ! Mais là je voulais surtout dissiper d’éventuels malentendus :))

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        1. Bon, je suppose que tu n’as pas passé 2 semaines à t’inquiéter d’un éventuel malentendu, mais je reviens quand même te dire qu’il n’y avait pas de problème. Ça m’a fait rire pour le beau-frère, en fait, je crois que c’est pour ça que d’habitude, c’est toujours la tante Georgette qui sort dans ces cas-là 😉 Après, ce gros con est un sacré gros con, pas un authentique génie du mal, même si j’ai du mal à lui souhaiter de bonnes choses pour le moment…
          Et pour la dimension morale, pas de souci, au contraire j’ai trouvé ça très intéressant de voir comment il faut que je clarifie les strates de la réflexion pour être efficace dans l’argumentation. Je pense être plutôt bobo, et ma mère est complètement boubou (mon petit surnom pour les bouddhistes), et je suis indubitablement et fondamentalement de gauche, donc rien n’était péjoratif si on ne pense pas que les bons sentiments sont connotés négativement…
          Quant au prix du travail, c’est un sacré sac de noeuds, j’avais étudié une utopie, je ne sais plus laquelle, qui rémunérait mieux ceux qui font travailler leur corps que ceux qui restent assis, l’argument n’est pas moins arbitraire que celui de rémunérer la formation puisque les travaux pénibles diminuent l’espérance de vie, pourquoi ne pas en faire un critère ? Et bien entendu, si on n’a pas résolu la question, c’est parce qu’elle n’est pas simple (qui l’eût cru, hein Donald ?). Mais le niveau d’injustice atteint aujourd’hui est clairement intolérable, de toute façon il n’est pas acceptable que des gens meurent de faim, de soif ou de froid, point barre. Disons que tendre vers un minimum vital pour tous, c’est un idéal qui ne devrait pas être inaccessible, plutôt l’évidence qui fera que nos arrière petits-enfants se demanderont comment on a pu vivre dans ce monde arriéré… Enfin, rêvons un peu….

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  9. waouuu! je fais parti de celles (et ceux?) qui ont tout lu (sisi!) et, en tant que grande naïve moi-même (enfin c’est ce qui se dit…) je partage ton point de vu à 200%

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  10. Alors moi je te suis dans le pays des bisounours même si rien ne sera jamais parfait.
    Pour ma part, au quotidien, je m’inspire d’une citation de Gandhi « Sois le changement que tu veux voir dans le monde » Je fait ma part du colibri.
    Parce qu’à attendre que le changement vienne des autres, on peut attendre longtemps !
    Et sinon, concernant la vaccination, cela me pose un gros soucis.
    Par principe, je suis pour la vaccination mais pas n’importe comment. (Ma fille est vacciné mais ça serait à refaire, je n’aurais absolument pas suivi le calendrier vaccinal car on ne prends pas en considération les situations individuelle et ça, ça me pose question) De plus quand on sait que le vaccin obligatoire n’est pas disponible alors qu’il coute 4 fois mois cher que les combinés ça me pose aussi un gros soucis.
    Pour le coup, j’ai vraiment l’impression que les labo se font un max de profil sur le dos de la sécurité sociale. Enfin, ce n’est que mon avis personnel 😉

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    1. En tant que femme de médecin, je me permet de t’apporter quelques précisions concernant les vaccins. Effectivement, il existe une formule contenant les trois seuls vaccins obligatoire, toutefois, il nécessite deux injections et présente plus de risque au niveau des effets secondaires .
      Par contre, effectivement, il y a un problème du coté des labos qui créent une pénurie volontaire pour vendre la version au meileur prix pour eux, obviously …

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    2. J’aime beaucoup cette citation et « la part du colibri », merci de les avoir mis sur cette page 🙂
      Pour les vaccins, Weena a répondu en partie, je tiens à ajouter une chose, que j’ai entendue de la bouche d’une responsable de santé publique : en France, quelques vaccins sont obligatoires, mais en fait, c’est une rareté dans le monde, issue d’un contexte historique particulier. En Scandinavie (je crois, c’était il y a longtemps), la couverture vaccinale est meilleure sans obligation. Parce qu’en fait, ça donne aux gens l’impression que les « pas obligatoires » ne sont pas nécessaires. Personnellement, je n’ai pas été confrontée à la question pour mes enfants, mais je me suis fait vacciner contre la grippe A à l’époque, pour être sûre de ne pas contaminer mes neveux trop jeunes pour recevoir l’injection. Je pense qu’on se penchera sérieusement sur les publications scientifiques et les recommandations des autorités sanitaires pour essayer de se construire un avis un peu indépendant du lobby pharma (pour lequel mon mari travaille bon gré mal gré en ce moment, et qui fait beaucoup de fric sur le dos des patients mais aussi un peu de recherche utile, heureusement).
      Et bien sûr, je partage ton point de vue : la dimension personnalisée est fondamentale. Comme pour tout, la règle unique dogmatique ne marche pas ! C’est d’ailleurs pour ça que j’ai mis des mois à trouver mon médecin traitant et que je n’hésiterai pas à en changer s’il me la joue « c’est comme ça et pas autrement » pour nos enfants.

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        1. Bon, je ne voudrais pas aller trop loin dans la discussion sur les vaccins ici, mais cette article me laisse une sensation de léger malaise parce qu’il mêle des choses avérés, scientifiques, et des sous-entendus étranges, notamment sur l’hépatite et la SEP, alors que le sujet est réglé depuis des années… j’invite donc ceux que ça intéresse à regarder aussi les critiques dans les commentaires de l’article du Mag, quant à moi je réserve mon avis définitif pour le moment où on aura épluché PubMed quand le bébé sera une réalité.
          Et on pourra réouvrir le sujet à un autre endroit à ce moment-là 😉

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  11. Je te suis dans ton monde de bisounours !
    J’ai aussi une forte tendance à voir le bon en l’humain. J’ai conscience que des petits malins (ou autre nom qu’on leur donne) profitent du système (ou adaptent les règles en fonction de leur profit).
    Mais il est aussi vrai qu’il m’arrive d’être une « petite maline »… Quand je me demande si mettre mes enfants à l’école publique, parce que bon je veux bien croire les belles idées qu’elle véhicule, mais bon pourquoi je ferai le « sacrifice » de l’avenir de mon enfant au nom de ses belles idées… (Les réformes engagées récemment ne m’incite pas à me dire que cela se fait pour le bien de nos petits…) Quand je cherche un moyen de payer moins d’impôts, de bénéficier de telle ou telle aide, d’acheter une machine à coudre ou un autre outil à moindre coût alors que j’ai les moyens de la payer au prix fort …
    Après est-ce que si j’ai conscience que je profite de tel aspect en payant pour tel autre, est-ce que je suis moins un « petit malin » ?
    Bon encore une fois, tu m’as lancée dans une réflexion… (Mais vu l’heure, mon cerveau commence a peiné pour que j’arrive à former un commentaire cohérent :D)

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    1. Pour ce qui est des enfants, j’ai commencé à en parler dans la réponse à Chat-mille, c’est un point bien épineux, sur lequel j’aimerais revenir plus longuement un jour, mais je comprends bien ton interrogation, et je pense que l’arrivée d’enfants pourrait me faire manger mon chapeau facilement !
      Repose toi quand même, ce n’est pas la peine de consommer trop d’énergie à penser à tout ça maintenant, tu as bien assez sur la planche avec tous vos projets 😉

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  12. Bon, comme d’habitude, voilà une réflexion qui fait du bien, argumentée et posée, et (ce qui, égoïstement, ne gâche rien ! 😉 ) dans laquelle je me retrouve entièrement.
    Cela dit, en lisant les commentaires des copinautes, je ne peux m’empêcher de trouver un certain poids à l’argumentation de Chat-Mille. La théorie de l’homme foncièrement bon et surtout, du contrat social (qui moi aussi m’avait beaucoup marquée, malgré mon étiquette de terminale S pas bien douée pour la philo), est-elle applicable dans une société qui pressurise, qui paupérise et qui, comme si ça ne suffisait pas, induit également et insidieusement un classement directement lié à la reconnaissance sociale ?
    Bref, je suis pour continuer à renoncer à ma liberté absolue pour le bien commun, j’essaie de transmettre ces valeurs à ma fille et, plus largement, à mon entourage. A mon échelle, j’essaie humblement de ne pas être le petit malin de quelqu’un d’autre, et je reste toujours choquée, naïve que je suis, par le comportement foncièrement égoïste de quelques uns (à tous les niveaux, d’ailleurs). Mais les interrogations de Chat-Mille me semblent légitimes et me posent question.

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    1. Je te laisse lire mon roman en réponse à celui de Chat-mille (et la petite réponse à Flora), mais en gros, je suis tout à fait d’accord avec le fait que la société actuelle ne permet pas d’avoir une morale de Bisounours en toute circonstances.
      Mais il ne me semble pas inatteignable qu’on change peu à peu les chose pour que celui qui a piqué 2 barquettes de boeuf pour donner des protéines à ses enfants ne soit pas plus lourdement condamné que celui qui a filé des centaines de milliers d’euros d’argent public à sa famille pour du travail fictif… Et j’ai l’espoir que la préoccupation du développement durable amènera les gens à reconsidérer leurs valeurs et diminuera l’importance de la reconnaissance par l’avoir et le paraître qui domine nos vies…

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  13. Mieux vaut tard que jamais, mais j’ai lu ton article, je me suis dit il faut que je réfléchisse un peu à tout ce que ça entraine comme réflexions dans ma petite tête et visiblement je réfléchis lentement parce que je viens de réaliser que tu l’as publié il y a 10 jours… Du coup, je viens de le relire ainsi que l’ensemble des commentaires (Comment ça mon employeur ne me paye pas pour lire ton blog ?)
    Bref tout d’abord je suis globalement partante pour venir vivre dans ton monde de Bisounours. Je fais partie des gens pour qui payer des impôts n’est pas un crève-cœur (bon je ne suis pas toujours d’accord sur la façon dont cet argent est utilisé mais je suis d’accord sur le principe de redistribution des richesses).
    Mais effectivement tant qu’il y aura des petits malins, ça ne tournera pas rond. Et en regardant les infos, on a plutôt l’impression que l’individualisme a de beaux jours devant lui ! Je crois que l’opposition violente de certains au mariage pour tous a été pour moi un grand choc : je n’ai toujours pas compris comment on pouvait prétendre décider qui avait le droit de s’aimer ou pas, et comment on pouvait autant gesticuler pour interdire à son voisin d’avoir le même droit que soit !
    Pour la valeur du travail, même si sur le fond je suis d’accord qu’une heure de temps c’est une heure de temps, je pense qu’une heure de traitement de texte n’a pas la même valeur qu’une heure de marteau-piqueur (parce qu’à mon sens il faut inclure le temps de récupération et les potentiels dommages physiques qui dépendent de chaque individu : un homme d’1m80 bien musclé sera moins fatigué après 1h de marteau-piqueur qu’une femme sédentaire par exemple), donc comment juger de la valeur du travail ? Et de la même façon est ce que travailler 1h après avoir fait 10 ans d’études à la même valeur que travailler 1h après 2 jours de formation ?
    On peut également se poser la question de ce qui est plus difficilement mesurable : les responsabilités par exemple. Je pense que le poids des responsabilités c’est quelque chose qui doit aussi être rémunéré.
    Et même en regardant le temps de loisir restant : certaines personnes particulièrement chanceuses s’exercent leur métier comme un loisir alors que pour d’autres ce sera un simple moyen de subsistance. Donc forcément à salaire égal, le bien-être ne sera pas le même !
    Alors je reste assez pessimiste sur la possibilité d’un jour arriver à vraiment répartir les richesses simplement sur le temps de travail. Mais l’idée d’un minimum pour assurer les besoins essentiels de chacun est évidement particulièrement séduisante.
    Et vient ensuite la question des enfants (que j’ai vu apparaitre dans certains commentaires). Comme toi je sais que je pourrais faire pratiquement n’importe quoi pour assurer le meilleur avenir possible à mes enfants. Ce qui implique donc de leur transmettre un certain héritage. Or souvent le point de départ des inégalités c’est justement l’héritage. Alors quelque part je me retrouve confrontée à un gros problème : je voudrais léguer à mes enfants le meilleurs héritage possible (en termes d’éducation, d’amour, de patrimoine…) mais je me rends bien compte que c’est déjà créer une inégalité par rapport à ceux qui n’auront pas la chance d’avoir des parents qui pourront leur donner autant. Et pourtant je sais bien que je n’arriverais pas à me dire je donne la moitié de ce qui est pour mes enfants aux enfants qui ont moins. C’est quasi viscéralement impossible !
    Bref là aussi il me reste encore beaucoup de questions sans réponse mais je vais m’arrêter là parce que sinon tu vas t’endormir avant la fin de mon commentaire !

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