Je m’ingère, il s’indiffère, nous nous mêlons

Ce billet est pour moi une tentative de mise à plat de certaines idées qui me trottent dans la tête depuis un moment, mais c’est aussi un rebond à deux billets que j’ai lu cette semaine, sur la fessée et sur l’indifférence que tout futur/jeune parent doit se construire pour résister aux mille et uns remarques sur leur éducation sans péter un plomb et étrangler son interlocuteur à coup d’attache-sucette.

Mon questionnement est assez simple, il a cela de commun avec celui d’un précédent billet qu’il aborde l’épineuse question des limites : où s’arrête la compétence des parents, où commence celle de la société ? Et vice-versa, bien entendu.

Une fois de plus, en écrivant je vais essayer de mettre un peu d’ordre dans mes idées, et il y a ici la difficulté supplémentaire que tout le monde ne parle pas de la même chose, et que parfois ma première impulsion est d’être cassante avant de me dire que ce n’est pas comme ça qu’on fait avancer les choses. Attention, avec ce billet on pourrait faire le Paris-Roubaix tellement il y a de pavés, désolée mais je n’ai pas pu (voulu ?) faire plus court et je ne vois pas comment couper en deux sans risquer de dévoyer le propos. Voici donc pour commencer un petit résumé pour celles et ceux qui n’ont pas 2h à consacrer à une inconnue sur internet.

RÉSUMÉ

Il y a d’excellentes raisons de se faire confiance en tant que parent (l’amour et la connaissance inégalée de notre enfant par exemple), et au moins une moins bonne (faire ce qu’on veut parce que c’est notre enfant).

La plupart des gens acceptent une certaine ingérence dans l’éducation de leurs enfants, dès lors qu’ils reconnaissent la légitimité de la personne qui prodigue les conseils. Mais tout le monde n’accorde pas la même hiérarchie de légitimité aux différentes sources existantes, donc il peut y avoir des désaccords.

La loi est censé détenir une légitimité majeure, mais il incombe au législateur et à la société de déterminer sur quels aspects elle doit s’ingérer dans la vie des gens. Et pour moi ça reste une question complexe que de tracer la ligne entre responsabilité et liberté.

Individuellement, la question de l’ingérence prend un forme différente selon la nature du problème et notre connaissance de la personne. Avec les inconnus, où s’arrêtent les sujets mineurs et/ou purement personnels qui méritent qu’on la ferme ? Et où commencent les questions vitales pour l’enfant concerné (sécurité, santé, bien-être) ou fondamentales pour le vivre ensemble (respect d’autrui), et lesquelles nous donnent le droit d’intervenir ?

Quand on connaît la personne, normalement on ne se mêle que si l’autre est intéressé par nos conseils en faisant attention à la façon dont on présente les choses. Mais se pose tout de même la question des causes qui valent la peine d’être mises sur le tapis même si on ne nous a rien demandé.

A la source…

… de ma réaction agacée, une n-ième série de commentaires suite au billet sur l’indifférence, qui sort l’argument du « on est les parents, on sait mieux » voire « on est les parents, il n’y a que nous qui savons ».

Je me rends bien compte qu’il s’agit de réactions épidermiques suite à la remarque de trop, qui porte souvent sur quelque chose d’assez mineur, mais je ne peux pas réprimer un mouvement d’énervement face au côté péremptoire de l’affirmation.

Pour les besoins du raisonnement, je vais aller un peu plus loin que ce que je pense, être un peu provocatrice (et parler de choses tragiques, âmes sensibles, sautez deux paragraphes).

Non, les parents ne savent pas forcément mieux grâce à un instinct « magique ». Si c’était le cas, il n’y aurait pas besoin de services sociaux, il n’y aurait pas d’enfant malheureux, il n’y aurait pas d’enfants qui meurent sous les coups et mauvais traitements des adultes. OK, ça c’est évident, mais on peut répondre que dans le cas des gens NORMAUX, pas des sociopathes, les parents savent mieux.

Mais ce n’est pas complètement vrai non plus, sinon  il n’y aurait pas non plus besoin de pédiatres, il n’y aurait pas besoin de cours de préparation à la parentalité ou d’accompagnement pour donner le premier bain et changer la première couche. Il n’y aurait pas besoin de notice sur le lait en poudre (il n’y aurait pas de lait en poudre ?) ni de conseils nécessaires sur la manière de voyager avec un bébé dans la voiture. Et des enfants se déshydrateraient parce qu’on n’a pas reconnu les symptômes, d’autres se noieraient parce qu’on ne savait pas que quelques secondes suffisent, des enfants seraient surnourris et d’autres sous-nourris, et d’autres seraient victimes de graves accidents parce qu’on n’avait pas désactivé l’air-bag. Or ça arrive heureusement assez peu.

Donc il me semble évident que la majorité des parents s’en remettent volontiers à certaines sources extérieures de conseils pour se donner une ligne de conduite dans leur façon de s’occuper de leurs enfants, dès lors qu’ils reconnaissent à ces sources une légitimité suffisante. La question est : qui est légitime au point que j’accepte de suivre sa recommandation plutôt que mon intuition ?

Les raisons de faire comme on le sent

Je commence par la deuxième partie de la question : qu’est-ce qui amène un parent à suivre son intuition pour se décider ? Vu de l’extérieur, il me semble voir au moins 3 types de motivation  :

  • l’instinct : après avoir lu quelques articles sur le sujet, j’ai l’impression qu’il y a 2 manières de percevoir l’instinct. Soit comme un lien presque supranaturel qui relie la mère à son enfant parce qu’ils ont partagé un corps, 9 mois d’émotions et de sensations ; soit comme un lien d’amour intense qui rend le parent hypersensible aux besoins de son enfant. Personnellement, n’ayant pas encore porté ni donné la vie, je ne sais pas quoi penser du premier, mais je suis persuadée que le second existe et permet d’inclure l' »instinct » paternel et l' »instinct » des parents d’enfants adoptés. J’y vois en fait une sorte d’instinct de protection envers ce qu’on a de plus cher, qui réorganise les priorités et rend hyperattentif à ce qui peut avoir un impact sur l’enfant. Peut-être qu’on peut tout simplement appeler ça l’amour.
  • la connaissance profonde : une des raisons pour lesquelles selon moi un parent a une capacité à réagir de manière adaptée au fonctionnement de son enfant, c’est qu’il est avec lui au quotidien. Tous les enfants n’aiment pas la même position pour se calmer dans les bras, il n’y a qu’en apaisant son enfant jour après jour qu’on découvre ce qui marche le mieux. Vivre avec et s’occuper de son petit H24 ou presque, ça permet de savoir que tel petit signe veut plutôt dire faim que douleur, que telle demande doit être faite comme ça sinon il y aura telle réaction…
  • la volonté de maîtrise : j’ai l’impression que certaines personnes voient l’éducation de leurs enfants comme un espace où ils sont en contrôle, et considèrent que ce contrôle ne peut pas leur être dénié. En gros « C’est mon enfant, je fais ce que je veux », au même titre que « C’est mon corps, je fais ce que je veux ». Cela participe d’une vision de la parentalité qui n’est pas la mienne, on est responsable de son enfant, pas propriétaire. Je pense que la plupart des gens qui vont me lire sont sur la même longueur d’ondes, mais ce fonctionnement existe chez certains, et c’est en pensant à eux que je me hérisse un peu en entendant « je sais mieux que les autres ».

Peut-être que je passe à côté d’autres moteurs forts, n’ayant pas encore d’enfant il ne s’agit que du fruit de mes observations, échanges, lectures et réflexions personnelles, pas d’un vécu intérieur. Mais je vous ai fait part de cette vision car elle montre qu’il y a, selon moi, des ressorts tout à fait valides ou moins acceptables qui confortent les parents dans leurs choix et les amènent à accepter ou refuser l' »ingérence » dans leurs modes de faire.

Les raisons légitimes de se remettre en question

Je reviens maintenant à la première partie de ma question : qui est assez légitime pour nous convaincre d’aller contre l’intuition ?

On a la chance (?) de vivre à une époque où de très nombreuses sources de recommandations existent et sont facilement accessibles : l’éducation nationale, le système public de santé, les organisations de santé internationales, la recherche scientifique, sa vulgarisation, les médias, les livres, les blogs… Bref, là où les gens avaient l’habitude de s’en remettre à l’instinct, à ce que faisaient papa et maman et à quelques interdictions, on est maintenant soumis à une multitude de voix au milieu desquelles il faut se construire sa propre posture.

Et ça n’a pas l’air d’être de la tarte. Parce que dans tout ce bazar, les gens disent tout et son contraire. Parce qu’il devient difficile de faire le tri entre une info fiable, un mensonge éhonté, un bon conseil et une vacherie. Parce que chaque personne a accès à toutes ces informations, donc chaque personne a construit son propre point de vue sur la base de ce qu’il a vécu, sait, croit, croit savoir… chacun pense avoir raison (je connais peu de gens qui pensent avoir tort sur leurs principes), et certains pensent avoir tellement raison qu’il faudrait que les autres pensent comme eux.

Voici mon fonctionnement perso vis-à-vis de cette montagne d’information. Je suis comme tout le monde, j’ai des avis. Je suis peut-être pire que tout le monde, car j’ai un avis sur tout (mais alors vraiment sur tout, je vous raconterai peut-être un jour). Toutefois, ça ne veut pas dire que pense toujours avoir raison : je suis ouverte à faire évoluer mon avis, parce que j’essaie de le construire sur des bases argumentées. Formation scientifique oblige, j’aime mettre les idées à l’épreuve des faits, lire les résultats d’études basées sur des protocoles sérieux plutôt que sur « oui, mais la femme du cousin de ma voisine, son fils fait comme ça ». J’aime aussi me laisser convaincre par des raisonnements bien menés, découvrir de nouveaux arguments pour et contre, voir comment on peut conclure.

Mais en face de ça, j’ai aussi des zones rigides, qui ne sont pas accessibles par la raison : ce sont mes valeurs. Le respect de l’homme et plus largement du vivant, l’égalité, la justice. Je suis si fermement attachée à ces principes que je ne peux même pas imaginer comment je réagirais face à une étude randomisée en double aveugle montrant que l’injustice est bénéfique. Je suppose que je passerais des jours entiers à chercher les erreurs méthodologiques.

Je dirais donc que pour moi, les sources de légitimité se hiérarchisent comme suit : tout argument en faveur du respect et de l’égalité, puis tout argument étayé par la science qui ne va pas à l’encontre de mes valeurs, puis tout argument étayé par des observations personnelles et qui ne va pas à des 2 précédents, puis tout argument donné par une personne en qui j’ai confiance du fait de son expérience, dans la mesure ou ça ne va pas à l’encontre des 3 précédents, etc. (Pour faire court : Valeurs/Science/Observations persos/Expérience de personnes de confiance)

Là où ça coince, c’est que tout le monde n’a pas le même ordre de priorité. Le mien n’a pas plus de valeur que celui de quelqu’un d’autre, heureusement que chacun est libre de penser à sa façon (même si ça m’attriste quand les gens refusent la science, mais c’est une autre question). Ceci dit, si je me retrouve en face de quelqu’un dont l’ordre personnel est Religion/Expérience personnelle/Facebook, je risque d’avoir du mal à le convaincre de la légitimité de mes arguments (et lui de me convaincre de la légitimité des siens).


Je me rends compte que je suis déjà à plus de 1600 mots et que tout ça a l’air d’une digression, mais ça ne l’est pas vraiment, si vous restez avec moi malgré la longueur, je vous promets que ça va retomber sur ses pieds avec la question de l’éducation.

On à peu près à mi-chemin (dans les environs de Caudry je dirais), c’est le moment pour le ravitaillement 😉


Quand faut-il se mêler de la vie des autres ? 1 – La société

Je vais commencer par la partie collective de l’ingérence : quand la société doit-elle se mêler de la vie des autres ?

J’ai dit plus haut que mon ordre de reconnaissance de la légitimité n’avait pas plus de valeur que celui de quelqu’un d’autre. Mais il se trouve qu’il existe une source de légitimité qui est censée primer pour tout le monde : la loi. Si mes valeurs sont en cohérence avec l’article 211-1 du Code pénal et celles de mon voisin en opposition, nous devons tous les deux nous y soumettre et éviter de faire un génocide (aussi, je ferais peut-être mieux de déménager…).

Mais (joie, bonheur !), dans les fonctionnements démocratiques, la loi vient de la volonté populaire, et chacun participe, en votant et en prenant part au débat public, à façonner le droit auquel il se soumet. Donc collectivement, on est soumis et on construit un certain nombre de principes qui auraient une force absolue, plus forte que mes valeurs ou que la science (jusqu’à ce qu’on fasse évoluer la loi si elle n’est plus adaptée).

La question est alors : dans quels domaines, sur quels aspects la loi doit-elle s’ingérer dans nos décisions et nos actes ? Quand le respect de valeurs érigées en absolu par la société prime-t-il sur le respect de la liberté individuelle ?

Pour sortir de l’abstraction et revenir à la question de l’éducation, prenons l’exemple des châtiments corporels sur les enfants. Ils ont très longtemps été pratique courante, probablement majoritaire, dans la civilisation occidentale jusqu’à il y a peu. Aujourd’hui, certains pays les ont interdits. Le très intéressant film Si j’aurais su, je serais né en Suède (qui a malheureusement été supprimé d’internet pour des raisons de droit à l’image retiré, mais qu’on peut encore trouver ici, n’y allez que si vous êtes raccord avec votre conscience quant au respect de ce retrait) raconte comment, avant l’interdiction des châtiments corporels en Suède il y a plus d’une génération, le discours était le même que chez une partie des Français : je suis parent, la loi n’a pas à se mêler de la façon dont j’éduque mes enfants. Des décennies après, comme aucun parent n’a été tapé, ce morceau de loi semble presque inutile puisqu’il ne viendrait à l’idée de personne de taper ses enfants.

Je pense que tout le monde est d’accord pour considérer que la loi doit protéger un enfant de parents qui tabassent et sortent le ceinturon. Je pense que tout le monde est d’accord aussi pour considérer que c’est au parent de choisir de punir ou non son enfant s’il a jeté de la nourriture par terre ou déchiré un livre. Mais entre les deux, à la limite, est-ce que la loi doit protéger l’enfant contre la fessée, ou laisser le parent choisir que telle bêtise mérite une fessée ?

Personnellement, j’ai un avis personnel très net contre la fessée, je suis favorable à toute campagne de sensibilisation sur le sujet, je me pose la question de la pertinence de légiférer dessus mais l’exemple suédois m’aide à pencher dans ce sens. Après, pour moi, c’est un cas facile, il y en a de plus difficiles.

Par exemple, il me semble que tout le monde est d’accord pour considérer que la loi doit assurer que les enfants reçoivent une alimentation suffisante et adaptée. Il me semble aussi que tout le monde est d’accord pour considérer que c’est au parent de choisir ce qu’il met le lundi dans l’assiette de son enfant, pas à l’Assemblée Nationale. Mais entre les deux, à la limite, il y a l’exemple italien qui a voulu interdire l’alimentation vegan pour les enfants, après une histoire dramatique. (Je n’ai pas suivi ce que ça a donné finalement). C’est très compliqué, là-dedans se mêlent de la science, de l’éthique, des comportements aberrants, le principe de précaution, la responsabilité des adultes etc. En regardant dans un sens : est-il normal que tous les parents se voient retirer ce droit au choix parce qu’un couple n’a pas agi de manière responsable ? (On n’interdit pas les lave-linges à la maison parce que quelqu’un a mis son enfant dedans !) Ou dans l’autre sens : est-il normal que des adultes aient le droit de mettre en danger la vie de leurs enfants sur des bases scientifiques incertaines ?

Attention, je ne veux pas lancer un débat de fond sur le veganisme et ses intérêts/risques pour la santé, j’ai mes avis là-dessus, à enrichir à l’occasion, mais ce n’est pas l’endroit. En revanche, si vous voulez discuter de la pertinence du principe de précaution ou de la légitimité de la société à s’ingérer dans tel ou tel domaine de la vie et de l’éducation, je vous écoute avec attention.

On peut dire la même chose pour un certain nombre d’autres choses, plus ou moins importante, plus ou moins vitales, de la transfusion à l’instruction en passant par l’exposition médiatique. Bref, ce n’est pas anodin de choisir ce qui relève ou pas de la compétence législative de la société, et ce qui relève du libre choix de chacun. Les valeurs bougent avec le temps, avec le parti au pouvoir, avec les changements de pratiques, avec le progrès technique et les connaissances scientifiques…

Personnellement, j’ai un avis sur chacun de ces points et j’aimerais bien que tout le monde fasse ce que je pense bien, mais tout le monde ne pense pas comme moi donc ça n’est pas si simple. Je m’interroge vraiment pour savoir où se situe la limite qui, en matière de prise en charge collective des choix d’éducation, sépare le respect des droits de l’enfant et une forme d’autoritarisme anti-démocratique.

Quand faut-il se mêler de la vie des autres ? 2 – Toi, moi, vous

L’autre pan de l’ingérence, ce sont ces petites remarques quotidiennes que reçoivent les parents sur leurs choix : « un verre de vin ne fera pas de mal au fœtus », « quoi, tu allaites encore ?! », « quoi, tu n’allaites pas ?! ».

Quand est-ce qu’on peut se mêler de ce que font les autres ? Quand est-ce qu’on doit s’en mêler ?

Pour moi, quand on ne connait pas les gens, il y a 2 possibilités : soit c’est évident que ça ne nous regarde pas (c’est leur choix de laisser l’enfant s’envoyer tout le paquet de bonbons, d’allaiter à la demande ou de ne pas faire de portage) et on la ferme en se disant qu’on est bien content que les autres fassent de même ; soit c’est plus compliqué. Une maman dans la rue qui dit à sa fille qu’elle n’est bonne à rien, un papy qui met une tape sur les fesses en houspillant un petit pour qu’il avance… je ne sais pas ce qui les a conduit à cette réaction, si elle est habituelle ou non, et de toute façon, de quel droit m’en mêler ? Si la santé et la sécurité immédiate de l’enfant ne sont pas menacées, je ne vois pas à quel titre j’aurais le droit d’intervenir… Mais où est la limite entre une tape, une gifle et une raclée ? Je suis parfois bien embêtée quand je vois un couple d’adultes se disputer et en venir aux mains : que faire, et va-t-on aider en agissant ou bien empirer les choses ? C’est pareil avec les enfants. Où s’arrête le geste anodin et où commence notre responsabilité citoyenne de protéger une personne vulnérable ? Comment savoir si ce qu’on souhaite faire sera finalement vraiment au bénéfice de l’enfant et ne va pas se retourner contre lui ? Si vous avez une position là-dessus, ça m’intéresse vraiment.

Il y a aussi ces fois où les enfants des autres ne respectent pas nos valeurs : celui qui a insulté notre enfant, celle qui nous a jeté du sable dessus, celui qui abandonne son emballage de biscuit par terre. Que faire si les parents ne disent rien ?

Quand on connaît la personne, c’est différent. Il me semble qu’on peut avoir de bonnes raisons de se mêler, mais parfois le retour de bâton est vigoureux. J’ai l’impression que ce qui compte, c’est la façon de faire : d’abord sentir si l’autre perçoit comme nous ce qu’on voit comme un problème, voir s’il est intéressé par une suggestion, et ensuite seulement se lancer, en expliquant d’où vient notre conseil (une expérience vécue ou racontée, un fait scientifique, une émission, les voix dans ma tête).

Personnellement, si on ne me prend pas pour une idiote en le disant, je suis toujours ravie d’avoir un conseil qui me simplifie la vie, me fait gagner du temps ou économiser de l’argent. Je suis tellement contente d’avoir pu apprendre plein d’astuces avec mes neveux avant même d’avoir des enfants que je pense que je serai également heureuse d’en découvrir d’autres une fois que je serai maman. Si c’est dit avec gentillesse et humilité.

Le souci cette fois-ci, c’est quand on veut parler de quelque chose qui nous tient vraiment à cœur, même si on ne nous l’a pas demandé. Pas ce qu’on a jugé mieux pour notre enfant, non, ce qu’on juge mieux pour tous les enfants. J’ai un peu tendance à me donner des « causes » pour donner du sens aux épreuves dans ma vie. Mon père a eu un cancer, j’ai longtemps été une virulente avocate anti-tabac avant de me calmer en me disant que les gens sont des adultes responsables. Une amie est décédée parce qu’elle ne portait pas de casque en faisant un sport extrême, je suis allée sur les forums de ce sport faire l’apologie du casque, avant de me calmer en me disant que les gens sont des adultes responsables. Récemment, j’ai vu la courbe de la mortalité infantile mois par mois en France depuis 1975 et le bénéfice de la campagne de couchage sur le dos est clairement visible, alors j’aimerais en parler aux gens (pas pour leur dire qu’ils sont de mauvais parents de coucher leur bébé sur le ventre, mais de faire particulièrement attention dans ce cas). Sauf que les parents croulent sous les conseils à la con et les injonctions contradictoires, je me dis qu’ils n’ont pas besoin que j’en rajoute une couche. Du coup, sournoise que je suis, je glisse ça en douce au milieu d’un article de blog…

Voilà, l’interminable raisonnement se termine (un peu à plat, je dois le reconnaître). J’espère les pavés n’ont pas causé trop d’abandons avant d’arriver à Roubaix. Si vous aussi vous avez un avis, si vous trouvez que je déraille complètement (wow la métaphore filée !), n’hésitez pas à l’exprimer en commentaire (avec ou sans pavés).

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10 réflexions sur “Je m’ingère, il s’indiffère, nous nous mêlons

  1. Je suis d’accord avec toi sur plusieurs choses. Oui la société est là pour nous protéger et protéger nos enfants. Je suis contre tout chatiments corporels (même si je trouve ce terme fort pour un fessée ou une petite tape sur la main, mais un terme justifié quand il s’agit de battre un enfant de le mal mener), pour moi en plus du respect du corps, je pense que c’est contre-productif au niveau de l’éducation et qu’il y a d’autres façons pour faire comprendre à un enfant qu’il a été un peu loin. C’est un débat très polémique en France.

    Quand à titre individuel est-ce qu’on se mêle des affaires des autres ? Je suis d’accord avec beaucoup de témoignages pour dire qu’une fois qu’on est enceinte ou parent on se reçoit des commentaires de tout genre, de toute les manières, qui se contre-disent, en pagaille et que parfois la coupe est pleine. Et que l’on a envie de dire stop !!! Et là j’ai envie de dire, mais mêlez vous de vos affaires. Oui Miss E est mon enfant chéri, mon bébé que j’adore. Je ne fais pas partie du groupe de parents psychopathes que tu décris, j’estime donc que je sais ce dont elle a besoin. Je suis avec elle H 24 et je connais par coeur ses différents pleurs, ses différentes crises, ses différents oh ou bah ou boubou !! Et je sais presque à chaque fois ce que chacun d’eux signifie et je peux y répondre (ou pas, parfois c’est compliqué). Et notament pour le sommeil ou en ce moment c’est très compliqué je suis avide de conseils, mais pas n’importe comment. J’ai eu un avis d’un médecin généraliste, puis un avis du pédiatre, puis un avis d’une éducatrice à la crèche. Ces trois avis différents et par des professionnels m’ont quelque peu désarçonné. Difficle de s’y retrouver, alors avec mon mari on tatonne et finalement on prend un peu de chaque conseil qui nous convient. Mais quand quelqu’un vient te dire en plus : mais non c’est pas du tout comme ça, machin a eu le même problème. Là j’ai envie de dire on a tout essayé, alors l’avis de machin je m’en fiche, car ça fait des semaines que je me couche à pas d’heure pour rassurer mon bébé. Ou alors entendre des remarques genre, tu donnes le biberon bien trop vite, tu es su^re de ce que tu fais ? ou alors tu portes en écharpe, mais ton enfant sera dépendant, laisse le pleurer il faut bien qu’il comprenne… Et j’en passe.
    Je suis d’accord avec toi pour dire qu’il y a la façon pour dire les choses, et l’humilité et l’empathie sont vraiment très important. Donc non je ne me mêle pas des affaires des autres, même de mes proches, sauf si on me demande mon avis. Et si c’est le cas je le fais le plus gentiment possible et surtout sans jugement. Car beaucoup de jeune parents je pense (en tout cas j’en fais partie) se sentent jugé par chaque remarque.

    Bon une fois avec mon mari on s’est un peu occupé d’une dispute au sein d’un couple, et je pense que nous avons bien fait car ça allait un peu loin. Dans notre immeuble les murs sont en cartons. Nous on était au 2e étage et eux au rez de chaussé. Le couple était alcoolisé et ils se sont disputés et battu. On a entendu des débris de verre (quelque chose est passé à travers la fenêtre). Du verre partout dans leur jardin et lui qui tapait sa copine et la lançait dehors où il y avait du verre, des marches en betton. Déformation professionnelle je pense, mais j’avais peur que la jeune fille se prenne du verre tranchant au niveau de la cuisse et s’ouvre l’artère fémorale. Il y avait déjà du sang un peu partout sur les murs du couloir. Nous avons appelé les pompiers et les gendarmes. C’était très violent et j’ai eu très peur.

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    1. Ce que tu dis sur le sentiment d’être jugé me touche, finalement c’est quelque chose qu’on retrouve à chaque fois qu’on manque de confiance. Quand j’étais plus jeune, je ne supportais pas qu’on me dise comment faire les choses, je répondais ouvertement « ça va, je sais, je ne suis pas bête », or les gens ne voulaient sans doute pas me rabaisser, simplement m’aider, mais comme j’étais terrifiée à l’idée qu’on me trouve bête, je sortais les crocs. Aujourd’hui je suis plus en confiance, et j’arrive à laisser filer les conseils sans m’énerver, ce qui me permet parfois de récupérer quelques tuyaux utiles au passage.
      Mais ce que tu dis, ça invite à regarder les jeunes parents dans leur fragilité quant à ce nouveau rôle, et je trouve que c’est un éclairage qui peut être extrêmement utile pour éviter les faux-pas, donc merci beaucoup.

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      1. C’est très vrai ce que tu dis par rapport au manque de confiance. Et je sais que les remarques et conseils de l’entourage sont fait pour aider généralement, mais parfois c’est tellement maladroit que ça fait un peu mal.
        Et je ne te l’ai pas dit plus haut, mais bravo encore pour cet article qui donne à réfléchir et discuter.

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  2. Youhou je suis arrivée à Roubaix ! Sans rire, j adore tes articles hyper fouillés.
    Moi, clairement, je suis plutot favorable a une forme d ingérence quand elle est « bien menée » et porte sur des sujets qui ne devraient plus faire débat (le couchage sur le dos et de mon point de vue la fessée sont de bons exemples).
    Par ingérence bien menée j entends des conseils prodigués de manière « diplomatique » dans le cadre privé, et des actions de prévention bien accompagnées au niveau public.
    J ai retrouvé mon articles sur les services sociaux allemands, il est ici : http://www.dans-ma-tribu.fr/visite-des-services-sociaux-en-allemagne/. C est pour moi plutot un bon exemple.

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    1. Merci beaucoup ! Tu gagnes une place sur le podium de l’Enfer du Nord !
      Au final, j’ai l’impression que ce qu’on vit à une époque comme de l’ingérence devient la normalité pour la génération suivante. La pénalisation du viol conjugal était vue comme une aberration et une intrusion dans la vie privée des gens, aujourd’hui c’est en passe (j’espère) de devenir une évidence pour tout le monde, et je me dit que le sens de l’histoire va vers plus de respect (encore une fois, je l’espère) donc que la fessée finira par être un souvenir qui étonnera les enfants.
      J’ai relu ton article, et je suis frappée par le mot « arrogance » que tu utilises pour parler de ton opinion du début. En fait, en lisant et voyant combien les jeunes parents sont chamboulés par l’arrivée de leur enfant, je me dis qu’il doit y avoir un tiraillement entre, d’un côté, l’impression de savoir ce qui est bon pour son enfant parce qu’on l’aime et qu’on le connait, et de l’autre côté la sensation d’être démunis face à tant de nouveauté et un tel enjeu. Ça semble un vrai cheminement, dans cette nouvelle vie : il ne suffit pas de s’occuper de son enfant, il faut se construire en tant que parent, prendre conscience de ses limites et confiance dans ses décisions, et j’imagine que la fragilité engendrée par ce bouleversement (si on ajoute l’épuisement et la descente d’hormone) fait qu’on peut ressentir l’aide sincère comme une agression. [Et bien sûr, il y a en plus les relous qui n’essaient pas d’aider mais juste de la ramener]
      En tout cas, l’exemple allemand est intéressant, et je me dis que si c’était moins stigmatisé en France de recourir à l’aide des services sociaux, plein de parents oseraient franchir la porte (comme cette famille qui tape dont je parlais chez toi) et plein d’enfants y seraient gagnants !

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  3. Ou là là! Je suis bien arrivé à la fin 😉 Il est très intéressant cet article et je partage ton point de vu. Il y a tellement de choses intéressante que je sais même pas quoi dire.
    Si, je voulais te conseiller le livre de Catherine Gueguen Pour une enfance heureuse car elle parle surtout d’études scientifique donc il devrait te plaire 😉
    Après il y a pleins de choses compliqué, le couchage sur le dos par exemple, effectivement quand on regarde les courbes, il y a une chute des mort subites du nourrisson. Mais on ne sait toujours pas ce qui en est la cause (peut être un soucis au niveau de l’oreille interne) Évidemment, j’ai couché ma fille sur le dos mais cela engendre aussi une nouvelle problématique : la plagiocéphalie. Et malheureusement, les pédiatres ne sont pas tous très au fait alors que cela peut avoir de grave conséquences.
    Pour ma part, depuis que je suis maman, j’en suis un peu revenu des professionnels. Car je me rends de plus en plus compte qu’ils ne sont pas tous très bien formé (enfin surtout par les laboratoire pharmaceutique ! et ça me pose un gros problème!)
    Les médecins (pédiatres inclus) et même parfois des sages femmes (!) sont très insuffisamment formé à l’allaitement par exemple. Et pour ma part, c’est inadmissible.
    Par exemple, alors que je faisait une mastite, mon médecin traitant m’a dit d’arrêter de faire téter ma fille avec le sein infecté et m’a bourré d’antibio. Heureusement, j’ai trouvé ça un peu bizarre et j’ai consulté que site de la leach league qui préconisait au contraire de faite téter ++ le sein infecté. Résultat: 2 jours après plus rien !
    De plus, moi même assistante sociale et ayant travaillé sur le suivi des enfants placés, je suis scandalisé du manque de formation et de moyen pour l’accompagnement de ces enfants (et ado) en grande difficultés. C’est une vrai honte pour un pays comme la France.
    Bref. Au final, j’écoute mes ressentis et ceux de ma fille et je m’ informe un peu comme je peux pour essayer d’accompagner au mieux ma fille.
    PS: Je suis aussi tout à fait d’accord avec toi sur le fait que nos enfants ne nous appartienne pas 😉
    Voilà, j’espère n’avoir pas été trop brouillon 😉

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    1. Merci d’avoir tenu jusqu’au bout et pour ton commentaire 🙂
      Je me rends compte que j’ai mis énormément de choses d’un coup, trop sans doute mais parce que pour moi tout est lié… Je note le livre de C. Guegen pour la suite, je me retiens pour l’instant de craquer en librairie pour des livres de parents tant que ça n’a pas marché, histoire de ne pas me faire du mal en les voyant dans l’étagère.
      Pour ce qui est des avis et de la formation des professionnels, c’est vrai qu’on peut être amené à douter, d’autant plus aujourd’hui qu’on a justement ce choix d’aller vers d’autres sources. En plus, comme ce sont des sujets où les connaissances peuvent évoluer très vite, il faudrait que la formation soit actualisée très souvent, ce qui n’est pas simple à financer ni à vivre pour certaines personnes. Mais cela fait partie des investissements qui font sans doute gagner beaucoup à long terme, en argent économisé par la suite mais aussi (surtout ?) en bien-être pour tout le monde.
      Je ne savais pas que tu étais assistante sociale, c’est toi qui avait fait le billet de Sous Notre Toit ?

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      1. Alors, pour les livres, je te conseille vraiment la bibliothèque 😉
        Pour les formation des professionnels, il est évident que c’est un investissement mais sur du long terme je crois que ça serait plutôt une économie.
        Et non, ce n’est pas moi qui avait fait le billet mais le métier y était bien décrit 😉

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  4. Eh eh, moi aussi je suis arrivée à bon port (même si j’avoue qu’avant ton avertissement de mi-parcours, je n’étais pas sûre d’y arriver : réflexe d’éditrice qui fixe une limite inviolable à 2000 mots :p) !

    C’est dommage que tu ne veuilles pas de débat sur le véganisme, pour le coup j’aurais des choses à en dire, puisqu’il y a des chances qu’on y passe, moi, mon mari et toute ma famille, enfants compris, donc. Donc évidemment je ne suis pas pour l’interdire, et je trouve ta réflexion sur la machine à laver assez pertinente… sauf que personne n’a peur des machines à laver, alors que beaucoup (beaucoup beaucoup) de gens ont peur du végétalisme. Je n’ai pas suivi l’histoire en Italie, mais je sais qu’il y avait eu un cas en France où le décès du bébé était clairement lié à une succession de choix soi disant personnels à la con, et pas (uniquement en tout cas) au végétalisme des parents.

    Bref, choix soi disant personnels à la con, je raccroche avec le sujet, malgré cette digression sur des choses dont il ne faut pas parler 😉 Pour dire quoi ? Que je suis majoritairement d’accord avec ce que tu dis. J’avoue que la citation de DMT m’a un peu surprise au début, parce que moi j’ai bien aimé cet article. Après, je pense qu’il y a différentes façons de le lire.

    Il y a les réflexions des proches sur des choses qui ne les regardent absolument pas (la reprise du travail, l’allaitement), voire qui sont en réalité plus sécuritaires (éviter de boire pendant la grossesse, mettre son bébé à l’arrière de la voiture…). Je pense que dans ce cas, effectivement, le mieux est de s’en moquer. Vouloir éduquer les gens (aux bonnes pratiques concernant la puériculture, au respect des choix d’autrui…), c’est bien, mais à la longue c’est fatigant (surtout que s’il est assez sûr de lui pour te faire une remarque, il ne va pas être convaincu aisément qu’il a tort). Je crois que c’est ce qui est dit (surtout) dans l’article.

    Sinon, on peut effectivement voir cet article comme un mépris généralisé des avis extérieurs, qui pour le coup serait (je te rejoins cette fois-ci) extrêmement dangereux. Non, je suis d’accord, on n’élève pas ses enfants comme on veut. Non on n’est pas maître en son foyer (du coup on frappe son conjoint et on zigouille son chien, pas de problème ? ou l’enfant est en fait le seul qui ne soit pas protégé ?). Et oui, évidemment, il faut lutter autant que possible contre les pratiques dangereuses et/ou irrespectueuse vis-à-vis de l’enfant.

    Le souci comme tu le dis bien (je crois), c’est que chacun met la limite du dangereux/irrespectueux à un endroit qui lui est propre. Moi je ne considère pas que ne pas allaiter est très dommageable pour l’enfant… mais certaines personnes si, parce qu’effectivement, il y a des avantages indéniables (et si on reconnaît qu’il y a des avantages, on est bien obligé de dire que les enfants allaités partent avec un avantage sur ceux qui ne le sont pas). Et techniquement, scientifiquement, boire un peu d’alcool pendant la grossesse n’est pas dangereux pour le fœtus… le problème c’est qu’un peu, c’est super flou, et que la plupart des gens préféreront s’en tenir à la règle de « pas d’alcool pendant la grossesse » (c’est mon cas, hein :p) tandis que d’autres diront, à raison aussi (et c’est bien là le souci), qu’une unique coupe de champagne n’a jamais tué une femme enceinte.

    Bref, je crois que finalement, à part pour des choses évidentes (et encore, la fessée justement : évident dans d’autres pays qu’il faut l’interdire, absolument pas en France… d’ailleurs moi-même si je ne frappe pas mon enfant et que je refuse absolument de le faire, je ne vais pas pourrir un parent qui dit mettre une fessée une fois tous les trois ans à son enfant), quand il s’agit de se mêler ou non de la vie des autres, on est seuls avec notre conscience. Ça dépend de plein de facteurs : notre relation avec la personne (ce sera sans doute plus facile de raisonner ma sœur qu’une dame à la boulangerie), de notre façon de dire les choses, de l’importance que nous accordons à tel ou tel point, de notre expérience personnelle (clairement, je vais donner plus facilement des conseils à quelqu’un qui a un enfant de 2 ans comme moi qu’à quelqu’un qui a un ado, même si je connais certaines choses en théorie – et la personne qui a un enfant de 2 ans comme moi sera plus disposée à m’écouter)…

    Je dirais que finalement, ça fait aussi partie de la personne qu’on veut être. Quelqu’un de responsable, capable de veiller sur tous les autres êtres humains, et pas seulement ceux dont il a la responsabilité, et quelqu’un de respectueux, qui est capable d’accepter que d’autres fassent et pensent différemment… J’essaie d’être les deux, mais ça demande de sans cesse se poser des questions. Il n’y a finalement pas de ligne de conduite applicable à tous les cas…

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    1. Alors pour le billet double dose, désolée d’avoir fait tressaillir ton oeil d’éditrice, c’est bien parce que c’est compliqué que je ne voulais pas couper et avoir une discussion sur la moitié du propos.

      Mais je vois que j’ai quand même réussi à ne pas bien me faire comprendre. Je ne suis pas du tout critique du billet de DMT, qui au contraire m’a fait bien rire (le bébé dans le coffre) et m’a hérissée en lisant que des mères peuvent dire à leurs filles que leur lait n’est pas bon. Je suis tout à fait d’accord pour penser qu’on a le droit d’en avoir ras-le-bol des remarques à la con et surtout non sollicitées, et qu’on peut jouer l’indifférence ou rétorquer – même si c’est peut-être contreproductif, lire la stupéfaction dans les yeux de qqn à qui on dit qu’on avait prévu de mettre son enfant dans le coffre doit être jouissif.
      Non, ce qui m’a agacée sur le coup, c’est dans les commentaires « en tant que parents vous êtes les seuls à savoir ce qui est mieux », ou « ce sont NOS enfants », qui est un motif qui revient souvent dans ce genre de discussion. Comme j’essayais de le dire (apparemment pas assez clairement), même si j’ai conscience que ce sont des phrases un peu toutes faites qui sortent dans des moments d’agacement, je n’aime pas trop cette manière d’ériger le parent en unique source de compétence au simple titre qu’il est parent.
      Mais une fois de plus, c’est ma tendance à vouloir un discours équilibré, c’est comme le mini-accrochage que j’avais eu sur DMT au sujet des gens qui sont pénibles avec les femmes enceintes, j’ai du passer pour une sauvage avant de m’expliquer et j’ai fini par recevoir des remerciements gratuits pour tout ce que je fais en vrai pour les femmes enceintes et les jeunes parents de mon entourage. Je me rends compte que ce besoin de balancer le propos peut sembler agressif pour les personnes qui subissent le problème (comme parler des discriminations contre les hommes à une femme battue, la nuance n’est pas forcément sa priorité). Il faut peut-être que j’apprenne à réprimer cette envie d’être exhaustive (3700 mots le billet :s ), mais si ça peut te rassurer, dans la vraie vie je ne tartine pas la face des jeunes parents avec des conseils (qui seraient d’autant plus mal venus que je n’ai pas d’enfants), au contraire j’initie la conversation pour savoir comment ils font pour que ça se passe bien parce que j’apprécie tous les tuyaux glanés, et je ne manque pas de dire aux gens quand j’apprécie leur façon de faire (de la façon dont ils ont géré une crise à la technique trouvée pour nettoyer le nez, en passant par l’encouragement à l’autonomie ou la capacité à contenir l’explosion de matériel de puériculture dans la maison).

      Sur le véganisme, ce que je ne voulais pas lancer ici, c’était un débat sur la possibilité ou non d’avoir des apports en B12 suffisants pour la croissance d’un enfant par exemple. Mais quand je dis ici, ce n’est pas sur ce blog, c’est sur ce billet. Je ne sais pas si j’y consacrerai qqch un jour, mais la question m’intéresse vraiment, je n’ai simplement pas assez d’info pour l’instant pour pouvoir mener un débat constructif. Quand je parle de choix à la con des parents, il ne s’agit pas du véganisme, que je respecte, mais du véganisme mal mené qui peut conduire à des problèmes de santé. J’ai beaucoup d’ovolactovégétariens autour de moi, dont ma mère qui m’a appris depuis longtemps comment l’alimentation végétarienne n’était pas juste une alimentation omnivore moins la viande, et je suppose que le végétalisme est encore plus nettement un régime qui a sa cohérence interne pour garantir tous les apports. Je crois que c’est ce qui s’est passé en Italie, en tout cas c’est ce que je voulais dire : est-ce que la connerie d’un couple qui n’a pas suivi correctement les principes vaut d’empêcher tout le monde, y compris les gens informés et responsables, de faire leur propres choix pour eux et leurs enfants ?

      Pour en venir au fond (après cette pavasse de justifications, désolée mais je n’aime pas rester sur un quiproquo), ce que tu dis sur l’absence de ligne de conduite unique, ça me semble l’enjeu finalement, et ce qui est difficile à accepter pour moi qui aie si peur quand le chemin n’est pas bien balisé. Ça m’interpelle spécialement avec la loi, dans les cas où faute de pouvoir tracer la limite point par point au cas par cas, on est obligé de couper tout droit et on se retrouve avec des législations inadaptées à la vraie vie parce que le sens commun n’a pas suffit…

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