Sois belle et puis quoi ?

Même si je ne me suis pas encore résolue à m’inscrire sur Hellocoton et ses « blogs féminins », je me rends bien compte que la microsphère bloguesque où je navigue est extrêmement féminisée, et ce blog est bel est bien le blog d’une femme.

L’intense mais très correct débat sur le féminisme sur Sous notre toit après le billet de Die Franzoesin m’a d’autant plus motivée à lancer cette catégorie autour de la féminité, de sa construction, de son vécu, de ses conséquences – pour moi d’abord, mais aussi pour les autres femmes et pour l’ensemble de la société.

Pour démarrer ce cheminement, je me lance dans un petit portrait de mon rapport à la féminité et à ses signes extérieurs, pour que vous sachiez d’où je parle.

J’étais une petit fille, aujourd’hui je suis une femme.

J’ai toujours (toujours) eu les cheveux très longs.

Voilà pour ce qui est clair et net. Tout le reste est plus compliqué.

Toute petit déjà…

Depuis la maternelle, j’ai vécu à temps plein chez mon père, avec juste le mercredi et la moitié des vacances scolaires avec ma mère. Ma mère qui n’a jamais été « féminine » au sens où on l’entend classiquement ; qui m’a appris à changer une roue, pas à me faire belle. Mon père faisait ce qu’il pouvait mais j’avais des vêtements très moches, parfois ceux de mon grand frère, et j’étais mal peignée en allant à l’école (j’ai appris en CM2 qu’on pouvait mettre ses cheveux de telle sorte qu’ils fassent une raie au dessin net).

Avec tout ça, on disait de moi que j’étais un garçon manqué. Je ne saurais pas dire comment était mon comportement, à mon avis juste celui d’un enfant sérieux mais dynamique sans forte connotation genrée : ni foot ni Barbie, pour moi, c’était balançoire, dessin et jeux d’imagination avec ma sœur. Mais on disait quand même de moi que j’étais un garçon manqué, sûrement à cause de mon apparence. Quand j’étais petite (=au moins jusqu’à l’adolescence) je croyais que garçon manqué voulait dire que ça me manquait d’être un garçon, et cette idée m’a trotté dans la tête longtemps : est-ce que ça aurait été mieux d’être un garçon ?

L’adolescence est arrivée, j’ai pleuré le jour où j’ai eu mes règles pour la première fois, à l’idée de ne plus être un enfant et de devoir être une femme. Vers la 4ème, après un regard blessant comme un poignard d’une jeune inconnue sur ma tenue, j’ai pété un plomb, marre d’avoir l’air d’un mec, d’un sac, de rien du tout. Ma mère qui avait très peu d’argent m’a acheté un top neuf, puis m’a accompagnée pour acheter quelques jolis vêtements payés par mon père, et une paire de grandes barrettes pour me faire des coiffures – c’est bêbête, mais ces barrettes ont tellement joué pour améliorer l’image que j’avais de moi à cette époque !

Après, je me suis senti un peu mieux, je restais assez sobre dans mon look, mais j’ai découvert que les garçons pouvaient me trouver belle, et ensuite, au lycée, « bonne » (l’horreur de ce mot !). Mais j’avais tellement peur de leur regard, de leur attirance, plus tard de leur désir, je n’ai jamais su comment l’accueillir tranquillement… Je me souviens aussi de la gêne de mon frère quand j’ai commencé à avoir un corps de femme.

Bref, un démarrage un peu compliqué.

Et aujourd’hui…

15 ans plus tard, je suis mariée à l’homme qui partage ma vie depuis 12 ans, mais je n’ai toujours pas réglé mes problèmes de féminité.

Dans ma penderie, il y a surtout des jeans et des T-shirts + quelques robes très féminines, beaucoup de chaussures plates d’adolescente (Docs, Converses, Kickers) + quelques chaussures à talons très sexys. Bref, je n’arrive pas à trouver mon équilibre : j’aimerais être séduisante, mais j’ai tout de suite l’impression que c’est trop, que je suis déguisée ou que je passe pour la reine des allumeuses.

Dans mon placard, il y a aussi quelques chapeaux, des jolis bonnets, des colliers et des bracelets. Mais c’est tellement inconfortable, tout ça, mon cerveau me demande souvent si ça vaut le coup de s’embêter pour quelque chose d’aussi superficiel, alors que mon autre cerveau (ben oui, on peut être à plusieurs là-dedans !) me dit qu’il aimerait bien qu’on me fasse des compliments.

Dans ma salle de bain, il y a un minimum de matos pour me mettre en valeur, du maquillage, un fer à boucler, des accessoires pour cheveux. Mais je n’y arrive pas : 1/ je ne sais pas faire ; 2/ quand je fais un effort j’ai vite l’impression que c’est trop ; 3/ je n’ai pas envie d’être obligée d’y passer du temps chaque jour ; 4/ je n’assume pas d’y accorder de l’importance car une partie de moi trouve ça tellement futile.

Ma petite sœur qui est très proche en âge, qui a eu les mêmes vêtements et la même coiffure que moi en primaire, dont les « amies » ont été odieuses avec elle sur le sujet au point qu’elle peine encore à se trouver belle alors qu’elle fait tomber les hommes à la renverse, qui a d’ailleurs un corps si conforme aux canons actuels qu’elle attire beaucoup de connards, ma sœur, donc, a trouvé son modus vivendi à l’opposé de moi : elle ne porte que des belles robes et des talons aiguilles au boulot, elle se maquille, porte des bijoux, se donne sans problème un petit budget shopping, bref elle assume de chercher (et de réussir !) à être belle, féminine et séduisante. Mais tant de soin cache une sacrée fêlure (qui attire aussi beaucoup de connards…)

De mon côté, ça coince. Je suis tiraillée. J’aimerais bien qu’on apprécie mon apparence, mais j’ai du mépris pour la superficialité de la coquetterie. J’aimerais qu’on me trouve belle, mais j’ai peur d’attirer les regards. Il y a 3 mouvements qui jouent en même temps :

  • l’envie de plaire ;
  • le mépris pour l’envie de plaire ;
  • la peur de plaire.

2 contre 1, on devine facilement qui gagne…

Et l’intérêt de vous dire ça ?

Ce petit récit n’a pas beaucoup d’intérêt en soi, ce n’est qu’une histoire personnelle, chacune en a une et la mienne est vraiment « banale ascendant pas grave ». Sauf que pas tout à fait.

Aujourd’hui, j’ai une nièce que se tient devant la première marche de l’adolescence, 5 qui cheminent tranquillement dans la même direction, plus tout un tas d’amis qui ont des enfants-filles, et un projet de maternité qui m’amènera peut-être à avoir moi-même un jour une relation mère-fille. Et qu’est-ce que ça m’interroge !

Je ne m’en cache pas, je suis féministe, et ça veut notamment dire que je suis attentive à l’égalité des chances pour les filles et les garçons quant à leurs choix de vie. Donc la place du genre dans l’éducation m’interpelle, mais là-dessus j’ai les idées assez claires et j’y reviendrai sans doute un jour en jonglant entre casquette engagée et casquette chercheuse en sciences humaines.

En revanche, sur la transmission de la féminité, je me sens complètement paumée : vouloir que sa fille se trouve belle pour être bien dans sa peau, c’est bien, mais si cela passe par du maquillage et des talons, n’est-ce pas céder aux injonctions patriarcales de notre société ? (alerte sarcasme, je sors les grands mots pour la provoc’, mais sur le fond je me pose la question) Ne pas céder à la course à cette forme de féminité induite par les médias et la pub, est-ce résister sainement ou se mettre des bâtons dans les roues et des fragilités dans la tête ?

J’ai bien conscience que mon cas personnel relève d’une construction insécure qui s’est cristallisé (notamment) sur la féminité, mais je connais l’histoire de ma mère, j’observe attentivement le parcours de ma nièce et je m’interroge : combien sommes-nous à nous demander où est l’équilibre entre tous ces mouvements internes et externes qui poussent dans tous les sens – être belle, être autonome, être séduisante, ne pas céder aux injonctions superficielles, être bien dans ses baskets, ne pas être une allumeuse…

Je vais essayer de mettre mes idées à plat sur ce sujet dans une petite série de billets par ici, et je serai heureuse d’avoir vos retours d’expérience et vos avis sur la question.

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19 réflexions sur “Sois belle et puis quoi ?

  1. Ce que tu dis est très censé. Effectivement, est ce que se trouver belle doit obligatoirement passer par du maquillage et des vêtements féminins à tout prix.
    Pour ma part, j’ai toujours eu comme toi un peu de mal avec ma féminité. Je ne me suis jamais vraiment trouvée jolie jusqu’à ce que le regard des garçons changent sur moi. Pour autant, je ne me maquille pas à outrance et je ne m’habille pas toujours de manière ultra féminine. J’aime bien me pomponner car je trouve ça sympa et j’adore passer entre les mains de professionnels.
    Je sais que j’ai fait des séances photos, et le fait d’être bien apprêtée sur celles ci m’a redonné confiance pour autant, il m’arrive de sortir sans maquillage et avec un jogging aussi 😉

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    1. C’est vrai que ça fait du bien de prendre soin de soi et de laisser d’autres le faire, mais il faut s’accorder ce droit, ce temps, cet argent. Quelque part, en s’aimant un peu, on s’aide à s’aimer plus, mais il faut savoir enclencher la machine. Ça me fait penser que quelque part, dans ma façon de trouver la coquetterie superficielle, il y a au moins trois ressorts : le refus d’une injonction sociale qui entérine une image de la femme qui me dérange, une forme de négligence affectée par une certaine élite intellectuelle « au-dessus de ça », et un peu caché derrière ces rationalisation, un vrai manque de confiance et d’amour de soi.
      En tout cas, vivent les joggings (chez moi les vieux jeans informes), le confort est aussi un atout !

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  2. Oh là là! comme dirait ma fille. qu’est ce que je me retrouve ! J’ai ce même problème avec la féminité. Je sais me « faire belle » si nécessaire, ce n’est pas un problème mais ce n’est pas moi! Je trouve que dans notre société on juge beaucoup trop les gens en fonction de leur apparence. Cela me pose question aussi pour ma fille. Mis à part occasion spéciale ou je peux la mettre en robe. Elle est habillé le plus simplement du monde. Quand je vois des petites filles toutes apprêtée pour aller jouer au parc, ça me fait un peu mal au cœur, je me demande ce qu’on attends d’elles.
    Malgré tout, il y a un juste milieu à trouver entre porter un jogging basket et talon robe courte.
    Après, faut il encore savoir ce qui nous va bien et trouver lesdits habits. Il est vrai qu’un petite robe d’été avec des ballerine, c’est très jolie et un pantalon avec un petit haut sympa aussi, tout est question de dosage. Concernant les accessoires, c’est franchement pas mon truc, je trouve ça inutile alors que ça peut joliment finir une tenue.
    Bref, c’est une vaste question.
    PS: J’adore les illustrations de tes articles 😉

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    1. Oui, c’est un dosage difficile à trouver, mais au final, en talon/robe moulante ou en jean/basket, on peut se sentir très bien de son corps de femme ou au contraire complètement insécure. Je me dis que l’équilibre vient sans doute au moins autant de l’intérieur que de l’apparence..
      Pour ta fille, je suis tellement d’accord avec toi sur les petites filles en galère à cause de leurs jolies robes. La petite que je gardais se retrouvait toujours en body+collants à la crèche pour être à l’aise dans ses mouvements.
      Et merci pour le petit mot sur les illustrations, ça me fait très plaisir de prendre un peu de temps pour « dessiner » avec ma souris 🙂

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  3. Je pense que la féminité ne dépend pas forcément de comment on est apprêté, mais plutôt comment l’on se sent dans ses vêtements. Je ne me maquille jamais, ma garde-robe est réduite, je mets peux de bijoux (seules les boucles d’oreille me font de l’œil). Et pourtant quand je vois des femmes autour de moi bien habillées, maquillées, avec bracelets… Ça me donne envie, mais ce n’est pas pour moi (sauf lors de sorties).
    Pour ma fille je favorise les vêtements dans lesquels elle est à l’aise pour jouer. Elle décidera elle même plus tard comment elle se sentira mieux.

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    1. C’est exactement ça, l’apparence n’est que la partie visible de l’iceberg.
      Dans mon cas le doute existe sur la forme (qu’est-ce que je porte, est-ce que je me maquille ?) parce qu’il existe sur le fond (quelle femme je veux être, qu’est-ce que ça signifie pour moi ?).
      J’ai l’impression que tu es plutôt à l’aise dans ton fonctionnement, et ça me semble génial pour laisser une vraie liberté à ta fille, puisque tu lui donnes comme modèle non pas une solution particulière (très coquette, un peu ou pas du tout) mais une cohérence entre ce que tu es et ce que tu montres. Je me réjouis pour toi si c’est bien le cas, et je te le souhaite si ça ne l’est pas.

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  4. Oh c est très intéressant comme thématique j aurais tellement à dire ! Mais finalement (là encore) j ai toujours vu cela comme un avantage d etre une femme. Car nous avons tellement de possibilités ! Pantalon ou jupe, talons ou pas, maquillage ou pas… Finalement chacune peut faire comme elle le souhaite, non ? Et personnellement je ne me demande pas ce que les autres vont trouver joli mais ce que je trouve joli (et confortable bien sur) !
    Ce qui ressort de ton article c est peut etre que tu n as pas encore trouvé vraiment ton style ? Après beaucoup de tatonnement je crois avoir trouvé le maquillage qui me convient par exemple. Je n ai pas hésité pour cela à me faire conseiller par des pro et à me payer un petit « cours ».
    Concernant l education j avoue que sur ce point c est plus facile d avoir un garcon. Mais si j ai une fille un jour je pense que je la laisserai entièrement libre en fait de porter ce qu elle veut. Après bien sur elle aura un modèle très féminisé à la maison (parce que je me maquille et porte des bijoux tous les jours par exemple) mais elle pourra s en inspirer – ou pas, comme elle veut ! Le tout c est de se sentir bien dans son style je trouve.

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    1. J’ai déjà lu quelques uns de tes billets qui parlent des rapports hommes/femmes dans ta famille, j’ai l’impression que tu en es sortie « empowered », pas avec des velléités d’écraser « l’autre camp », mais simplement heureuse d’être ce que tu es et confiante dans les potentialités que ça représente (sur la question de sexe en tout cas). J’admire ça, et s’il n’y a pas eu un revers de médaille trop dramatique, j’aimerais pouvoir réussir avec mes futurs enfants ce que tes parents ont réussi.
      Au final, pour trouver son style, je pense qu’il faut d’abord avoir trouvé ce qu’on veut être. D’une certaine manière, je sais ce qui me va vu de l’extérieur, mais je n’arrive pas à m’y reconnaître parce que je ne sais pas ce que je veux de l’intérieur. Je crois que c’est ça qui m’inquiète pour des éventuelles futures filles : comment leur donner confiance quand j’en manque tant sur ce point ? Mais bon, le temps est de mon côté, j’espère que les choses iront de mieux en mieux !
      Comme tu dis, au final, l’essentiel est bel et bien de se sentir bien 🙂

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  5. Il est très intéressant ton article et ton raisonnement est très construit.
    Je pense que l’on peut se sentir féminine sans tomber sous le diktat du marketing commercial. L’important est de sentir bien dans ses vêtements, de savoir quelle coupe, quel vêtement nous met le plus en valeur tout en étant à l’aise. Je pense avoir un style assez féminin, mais je porte rarement des jupes et des robes courtes, je ne me sens pas à l’aise dans ces vêtements.
    Concernant le maquillage, j’aime avoir le temps de le faire, mais ce n’est pas toujours possible. Et je le fais d’abord et avant tout pour moi (pas pour le regard des autres).
    Un vêtement, un maquillage, un bijou : tout n’est que question de prendre confiance en soi et de se sentir jolie pour soi (et un peu pour sa compagne ou son compagnon).
    L’éducation d’une fille, pas facile… Je pense que je la laisserai faire ses choix, sans inciter un comportement. Je m’explique : ma cousine est une fille qui aime les trucs de fille depuis toute petite, mais je pense que son comportement et ses goûts ont été en partie influencés par les propos des adultes autour d’elle. Quand elle était en robe : tous mes oncles et tantes s’extasiaient parce qu’elle ressemblait à « une vraie petite fille ». Bon en grandissant, ce trait c’est un peu atténué… Donc je pense que la lutte sera avec les proches de la famille et non au sein de notre famille. Si elle veut s’inspirer de moi, elle le fera, mais elle sera libre de son choix !

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  6. Ce que tu dis sur ta cousine me touche beaucoup. Parce qu’au final, on dit qu’on se fait belle pour soi, mais ce qu’on trouve beau vient d’un apprentissage qui passe notamment par tous ces « oh que tu es belle avec ta robe ! ». Dès 2-3 ans, une fillette a des compliments quand elle est apprêtée « comme une poupée », rarement quand elle est en legging – quant aux petits garçons, on ne leur fait presque jamais de regard sur leur « beauté ». Et comme par hasard, 20-30 ans plus tard, les femmes cherchent à être belle, et pour cela passent du temps à s’apprêter comme des poupées (plus grandes et plus sexys, mais quand même) tandis que les hommes sont moins dans cette recherche « pour eux-mêmes » (je ne dis pas qu’il n’y a pas d’hommes soignés, simplement que c’est moins prégnant dans leurs préoccupations en général, par contre il faut avoir l’air costaud…). Bref, tout cela est pour moi loin d’être anodin, mais je n’ai pas non plus envie de rajouter une couche de prise de tête à l’éducation de mes enfants qui n’existent même pas… Le problème, c’est que lorsqu’on a un rapport compliqué à un sujet, c’est difficile de transmettre le naturel à ses enfants (sur la féminité, mais aussi la nourriture ou la réussite scolaire…)
    En tout cas, j’admire l’équilibre que tu sembles avoir trouvé pour toi, je pense que ce sera un sacré atout pour accompagner ta fille 🙂

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  7. Je trouve le sujet très intéressant. Je ne me suis jamais posé beaucoup de questions sur ma féminité, celle ci allait de soit. Petite j’aimais les jupes qui « tournent » puis à l’adolescence j’ai commencé à tester un peu de maquillage et maintenant au quotidien je suis plutôt robes et talons. Mais cela ne m’a jamais empêché de jouer dans le sable et de grimper aux arbres avec mon frère, d’apprendre à bricoler avec mes parents ou de démonter un carburateur avec mon mari.
    Et pourtant ma maman était assez peu féminine dans ses tenues : jamais de jupe ou de robe, pas de talons, très rarement du maquillage et adorant bricoler mais elle et mon papa ont su me donner confiance en moi, peu importe la tenue.
    Bref tout ça pour dire que je comprends ton inquiétude quant à transmettre la notion de féminité à ta fille mais je suis sure que c’est surtout une question de regard que tu porteras sur elle: ta bienveillance et celle du papa seront sûrement ses meilleurs alliés pour qu’elle s’accepte.
    Et j’espère arriver à transmettre cela à ma fille (j’enrage d’ailleurs de voir les rayons filles où il est difficile de trouver autre chose que du rose et j’achète régulièrement des vêtements au rayon garçon pour elle. Je pense qu’on peut tout a fait être féminine en pantalon avec des bretelles et qu’un petit garçon peut très bien être a son avantage avec un polo rose !)
    Mais je suis bien d’accord avec toi, trouver un équilibre dans tout ça est loin d’être facile !
    (et désolée pour le pavé ! ^^)

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    1. Pour commencer, je suis la reine de l’article fleuve et du comm’ tartine (la dauphine après Chat-mille ?) donc dans mon petit chez moi les commentaires développés sont les bienvenus, alors merci pour le pavé !
      Sur le fond, j’ai l’impression que ce qui marche pour toi c’est la confiance, et finalement c’est tout l’enjeu, bien plus que la couleur du de la robe ou du polo. Tes parents et toi avez su construire quelque chose de simple, toutes les activités et les goûts étaient possibles et acceptables au point que tu n’as pas eu à te poser la question, même face à la pression sociale. Je rêve d’une relation simple à ce sujet (à tous les sujets en fait !), car que peut-on rêver de mieux pour son enfant que l’insouciance : manger selon ses besoins et ses envies et pas compter les calories, les grammes ou les vitamines (ou s’inquiéter de ne rien avoir ce soir dans l’assiette, mais là on sort de mes petits First World Problems) ; aimer qui on aime pour ses qualités sans souci de son sexe, sa couleur de peau ou la tranche d’imposition de ses parents ; s’habiller pour se sentir bien en fonction de ce qu’on veut faire et pas du jugement des autres…
      Malheureusement, pour la féminité ça ne coule pas de source pour moi, mais je vais essayer de ne pas trop en faire devant mon éventuelle future fille pour transmettre le moins possible ce point de crispation personnel. Quant au regard bienveillant, par contre, ça ne sera pas difficile : même pas conçue mais je sais déjà qu’en legging ou en robe elle sera la plus belle 😉

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  8. Oh mais quel sujet intéressant !

    J’avoue qu’à la lecture de tes mots, je me sens un peu triste pour toi : j’ai l’impression que cette fêlure qui date de l’enfance n’est pas encore bien cicatrisée pour toi. Je ne veux pas faire de psychologie de comptoir, mais je me retrouve dans tes mots, même si pour moi, toutes ces étapes difficiles (enfance de garçon manqué, adolescente un peu perdue entre plusieurs style, puis jeune femme qui se cherche) sont à présent digérées, et bien derrière moi.

    Mais c’est justement ce qui me donne envie de te dire que ton sentiment n’est pas une fatalité : même si tu mets un peu plus de temps que quelqu’un d’autre pour trouver ce fameux style qui te convient, dans lequel tu te sens à l’aise, en accord avec toi même, sans avoir l’impression d’être soumise au diktat de la société actuelle, ça ne veut pas dire que tu ne vas pas le trouver ! Personnellement, je l’ai trouvé bien tard, ce fameux style, seulement vers 26-27 ans. Mais je ne renie pas tout le chemin qu’il m’a fallu pour me trouver bien dans mon corps (parce qu’on parle de vêtements, mais au fond, c’est aussi l’image de son corps, que l’on essaie d’apprivoiser).

    Du coup, ton appréhension sur l’éducation que tu donneras à une éventuelle petite fille me paraît un peu prématurée. Je viens d’une famille, un peu comme Die Franzoesin, où les femmes sont fortes, où l’image de la féminité n’est ni idéalisée ni reniée, j’ai une mère qui prend soin d’elle mais se maquille jamais, par exemple, qui était ravie de faire les boutiques avec nous pour nous habiller, mais qui tenait avant tout à ce qu’on soit à l’aise dans nos vêtements pour grimper aux arbres, faire du vélo et courir. Et tu vois, ça ne m’a pas empêchée d’avoir du mal avec l’image de mon corps à l’adolescence.
    Ce que je veux dire par là, c’est que même lorsque les parents font au mieux, ce chemin de l’acceptation de son corps reste un chemin personnel. Et ton enfant, fille ou garçon, y arrivera s’il se sent en sécurité auprès de ses parents, pas forcément parce qu’il aura connu l’exemple parfait à la maison (tu ne peux pas savoir la pression que ça m’a mis, à moi, d’avoir une mère aussi à l’aise dans ses baskets, aussi jolie au naturel !).

    De ton côté, essaie de continuer ton petit bonhomme de chemin sans te mettre cette pression inutile. Moi aussi, j’ai eu du mal à passer outre le mépris pour tout ce temps et cet argent consacré à des futilités. Mais j’ai trouvé un équilibre (notamment budgétaire) qui me convient, et je suis sûre que tu vas finir par le trouver également, si cela est important pour toi. Ce qui m’a beaucoup aidé, également, c’est de m’appuyer sur une très bonne amie d’adolescence, qui m’a montré à quel point ce temps passé à prendre « soin de soi » est également important pour nourrir sa propre confiance en soi.

    J’ai hâte que tu nous parles encore de ce sujet, qui résonne très très fort en moi.

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    1. Ce que tu dis me fait du bien, de lâcher la pression. Ça doit se voir un peu, j’ai une légère tendance à l’overthinking, ça balise les angoisses mais ça les exacerbe aussi. Et finalement, comme pour tout dans la vie, j’imagine qu’à un moment il faut laisser venir face à la situation – si ça se trouve, j’aurai 4 fils ;).
      En tout cas, je vois que ce sujet parle au moins à quelques personnes, et vos commentaires m’ont fait avancer, donc je pense qu’une fois toutes ces nouvelles idées et ces nouveaux angles de réflexion intégrés, j’y reviendrai certainement.

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  9. Alors de mon côté, j’aime ne pas avoir un seul style, ça dépend beaucoup de mes humeurs du jour. J’ai envie d’être décontractée aujourd’hui, je vais adopter un look sportwear. J’ai envie de me sentir plus féminine, je porte une robe ou une jupe. J’ai envie d’un look plus classe je sors ma veste de tailleur et ma jolie chemise. Bref, j’aime avoir le choix. Par contre, je me maquille tous les jours, mais d’un maquillage très discret, je mets surtout en valeur mes yeux, je suis moins à l’aise avec le rouge à lèvres et pourtant je trouve ça très joli un beau rouge à lèvre rouge. Mais je suis de nature discrète alors je peux être féminine mais sans jamais trop d’extravagance. J’aime porter des talons, ça me donne le sentiment d’avoir plus d’assurance, de me sentir plus femme. J’aime m’adapter à chaque situation au final. Mais, il m’arrive aussi régulièrement de me plaindre de n’avoir rien à me mettre, que rien ne me va et si je me sens bien dans ma tenue, coiffure je suis beaucoup plus à l’aise que si je me sens moche et mal dans mes baskets, façon de parler. Alors, écoutes toi et tu finiras par trouver ce qui te correspond le plus, ce qui te donnes le plus d’aisance et de confiance.

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  10. ça me fait également penser, lorsque j’étais petite avec ma sœur, on s’amusait à prendre le catalogue La redoute et se dire « plus tard je voudrais être cette femme là, avec un mari comme ça… » on disait un numéro et hop ça tombait sur la page qui nous représenterait. Tout ça pour dire que l’on se construit aussi beaucoup à travers les séries, les livres, les héroïnes ou les femmes de notre entourage qui peuvent nous influencer tout comme Tante Anna par exemple qui est si pétillante ou bien la maman d’Elodie qui est trop belle…

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    1. C’est peut-être là que le bât blesse en fait pour moi, je n’arrive pas à me souvenir d’une femme qui m’ait inspirée quant à sa féminité (au sens le plus large cette fois). Je pense que le malaise involontairement construit (par moi, mes parents, la situation familiale…) a fait qu’au plus, quand je regardais une fille dont émanait quelque chose d’intéressant sur ce plan, je me retrouvais envieuse, donc pas très efficace pour progresser… Aujourd’hui les choses s’améliorent avec la confiance, d’après ce que tu dis dans ton premier commentaire j’ai l’impression que tu dégages une aisance par rapport à ton image qui me paraît finalement la clé pour trouver son style ou son équilibre entre plusieurs styles.

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  11. On va dire qu’avec le temps j’ai appris à me connaître et à savoir ce que je voulais, j’arrive assez bien à identifier les styles qui correspondent à ma personnalité. Je me sens assez libre de varier au gré de mes envies, humeurs… Mais je ne suis pas pour autant si à l’aise avec mon image. Je suis très critique envers moi-même et j’ai dû mal à me voir en photos par exemple. Tu peux essayer de te faire un petit carnet d’inspirations, de styles, de looks que tu aimes bien et ça pourrait peut-être t’aider à trouver la féminité qui te correspond. C’est sûr que notre enfance a des répercutions sur notre manière d’appréhender les choses. Et puis on est pas féminine uniquement parce que l’on va porter des robes, un joli vernis et des chaussures à talons. Tu peux être féminine dans ta manière d’être, dans tes actions… le plus important c’est de se sentir bien comme on est et de trouver sa voie.

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  12. Et un autre super article qui m’a échappé !
    J’ai toujours été garçon manqué et j’ai un style plutôt incertain aussi. Ma maman était pourtant féminine mais j’ai toujours été dans des écoles catholiques où on avait obligation d’avoir des cheveux courts et en uniforme pour des raisons plus ou moins compréhensibles. Ce qui fait qu’à 30 ans je ne sais pas m’occuper de mes cheveux… Je porte très peu de bijoux et j’ai percé mes oreilles quelques mois avant le mariage. J’ai des tenues féminines dans ma garde robe et pas mal de chaussures mais 80% du temps c’est jeans/pull/tennis et le maquillage c’est pour les grandes occasions 😉
    J’aime beaucoup le fait de savoir jouer de ma féminité tout en ne me sentant pas obligée d’être toujours apprêtée. Je ne me suis jamais sentie très belle surtout parce que j’ai tendance à m’entourer de vraie canons de beauté, mais j’ai toujours eu l’impression de ne pas être trop mal (même avec mes 10 kg de trop du moment). Ado c’était ma petite taille et mes résultats scolaires qui retenaient l’attention de toute façon, le problème de ma capacité de séduction n’est arrivé que bien après mes 20 ans. Bizarrement c’est depuis que je suis en couple que j’ai envie d’être séduisante, je ne sais pas si c’est par peur d’ennuyer mon mari avec mon total look jogging/ cheveux de 2 cm, pour avoir l’impression de ne pas être « has been », ou encore par opposition au modèle « geekette asexuée » que voudrait m’imposer mon métier, mais peu importe. Je crois que j’ai aussi trouvé ma voie et qu’est c’est plutôt « féminine avec modération », et ça me convient bien.
    Pour mon hypothétique fille, je n’ai pas vraiment de plan autre que de lui donner une éducation non genrée et d’écouter ses envies quand elle sera en âge de les exprimer. Quand je regarde comment mes 3 sœurs qui ont eu la même éducation que moi ont évolué, je me dis que ce ne doit pas être ce qui joue le plus.

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