Devenir maman ? Au secours, j’ai peur !

Même si j’imagine que certaines se lancent à l’aventure les yeux fermés et le cœur confiant, il semble que beaucoup de femmes abordent l’idée de la maternité avec pas mal d’angoisse : comment je vais (on va) vivre cette grossesse ? est-ce qu’on aura assez de sous ? et si je n’arrive pas à m’occuper d’un bébé ? c’est vraiment si fatiguant ? ça fait si mal que ça ? et on ne va pas être un peu à l’étroit ? est-ce qu’on aura encore une vie de couple ? et si mon enfant ne m’aime pas ? … et ainsi de suite, à chacune ses fragilités.

Avec une dépression qui traine depuis 6 ans, on pourrait se dire que je pars avec un handicap : j’avais raconté dans ma tribu combien la maladie avait alourdi ma besace niveau inquiétudes. Mais paradoxalement, en reportant notre projet, elle m’a donné beaucoup de temps pour me préparer sur les autres fronts. A bas bruit, pendant les 3 dernières années, je me suis offert un coaching maternité de haut niveau !

Des exercices pratiques…

Depuis mon mariage, notre panoplie de neveux, déjà bien fournie, s’est agrandie de 6 petits bouts, plusieurs copines sont devenues mamans, en bref : je suis cernée de minuscules ! Autant d’occasions de changer des couches, donner des bains, des biberons, des purées, du Doliprane, de lire des histoires et de construire des piles de cubes.

En plus, alors que j’étais à nouveau dans un creux de moral, j’ai décidé de prendre un job de nounou : une année scolaire de sortie d’école et de crèche pour une famille avec 3 petites de 9 ans, 7 ans et 4 mois (quand j’ai commencé ;-)). Avec elles, ce n’était plus l’expérimentation ponctuelle des soins aux tous-petits, c’était « Vis ma vie dans une famille nombreuse » : récupérer les grandes à l’école, les emmener à leurs activités, passer chercher le bébé à la crèche, aller chercher les grandes, rentrer avec la poussette, les cartables, le sac de bodys sales, donner le bain à la petite, surveiller les devoirs, s’assurer que les grandes se lavent, faire à manger, faire ranger la chambre, insister pour le 1/4h de piano… le tout avant 19h30 ! Après ça, je ne prétends pas connaître tout de la vie d’une maman, mais je suis un peu rassurée quant à la faisabilité pratique de ce planning qui me paraissait délirant.

En faisant, j’ai compris que la peur ne servait à rien, que si je m’y mettais ça irait. Avec plus ou moins de réussite au début, c’est sûr : lors de mon premier bain de nouveau-né, j’ai eu tellement peur de la faire tomber que je me suis couverte de savon en la serrant dans mes bras ; j’ai ruiné ma montre adorée au premier bain de la petite que je gardais ; j’ai laissé un petit asticot hyper tonique dans mes bras se cogner contre un bord de table ; j’ai oublié les partitions le premier jour de piano ; j’ai découvert que donner le bib en pleine nuit avec les cheveux lâchés était une sacrée mauvaise idée…

Mais grâce à toute cette expérience, j’ai appris :

  1. que ce n’est pas si difficile, et que souvent, les ratés ne sont pas grave, surtout ce qui est matériel
  2. que les mamans (et les papas) font aussi ce genre de bêtises, et des plus inquiétantes (et hop ! le tour aux urgences parce que bébé est tombé du canapé, et zou ! la peur panique quand la sucette a fondu pendant la stérilisation et que l’appart est rempli de fumée)
  3. qu’il y a plein de petites astuces pour éviter la plupart de ces ratés, maintenant que je les connais (maintenant, j’enlève ma montre !)

Je ne doute pas d’avoir encore beaucoup à apprendre, mais cette aisance « technique » me rassure pour la suite, surtout que j’ai accompagné ça d’un PhD accéléré en grossesse/allaitement/éducation.

… aux enseignements théoriques

Comme beaucoup, pour préparer mon mariage, je suis passée par les blogs. Pour moi, ce n’était pas trop les jolies images, plutôt les conseils, les témoignages et l’humour. Donc j’avais trouvé Mademoiselle Dentelle et La mariée en colère. Et comme beaucoup, les jeunes mariées de ces blogs ont glissé vers de nouvelles préoccupations, tout aussi pleines d’amour mais un peu plus baveuses et jonchées de couches sales. Du coup, je me suis retrouvée à lire quotidiennement des billets sur la famille, la grossesse, et la maternité, alors même que l’idée de m’y mettre était bien au delà de l’horizon bouché de la dépression.

Voilà deux ans que je consulte les témoignages des unes et des autres, que j’ai élargi mon univers aux blogs persos des chroniqueuses, et que j’ai découvert entre autres et en vrac : le terrible two et les tranchées, l’éducation bienveillante et les coussinets d’allaitement, le maternage proximal et la DMA, l’hyperémèse gravidique et la motricité libre, le prix de la garde d’enfant et le baby blues.

Avec tout ça, quand je cause aux jeunes mamans, je me sens moins perdue, et ça me permets d’en apprendre encore plus.

Mais à quoi ça sert tout ça ?

Mon mari est persuadé que je me stresse pour rien avec toutes ces infos. Quant à moi, je suis persuadée que sans ce filet psychologique, je serais incapable d’affronter toutes les angoisses plus profondes qui vont avec le beau projet de devenir parent.

Tout doucement, ça m’a permis d’apprivoiser l’idée que ce sera notre tour un jour, d’alléger un peu cette besace à angoisses. Bien sûr, je ne doute pas qu’il y aura des découvertes, de bonnes et de mauvaises surprises, l’amour immense, la fatigue immense, les soucis immenses… mais au moins, une partie de la liste est déjà rayée, c’est toujours ça de pris.

Alors à toutes les femmes qui m’entourent et qui me laissent m’occuper de leurs adorables bambins, à toutes celles qui partagent leurs expériences, que je les aie rencontrées en vrai ou simplement au détour d’une URL : MERCI !

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7 réflexions sur “Devenir maman ? Au secours, j’ai peur !

    1. Merci, ça me fait plaisir ! J’ai découvert ton blog récemment, et je suis tombée amoureuse de la tour d’apprentissage 😉 J’ai d’abord cru que tu parlais de se lancer dans la blogosphère, c’est pareil, ça s’apprend. Mais en effet, pour les mamans, je suppose que ça s’apprend tous les jours pour toute la vie, et des erreurs, il y en aura forcément. Il faut juste espérer que les enfants sauront nous les pardonner à la fin.

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      1. Oui, je suis fan de la tour d’apprentissage, c’est pourquoi je voulais la faire partager, surtout que c’est super facile à faire. Et finalement pour la blogosphère, c’est un peu comme devenir parents aussi, mais les conséquences sont quand même pas les mêmes 😉 Et puis, pour les enfants, je pense que quand les choses sont faites avec le cœur et que l’on peut toujours communiquer, tout arrive à s’arranger 😉

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  1. Ton article est très touchant… Avant de sauter le pas de la parentalité, nous sommes passés par un raisonnement assez proche du tien : et si…. ?
    Puis nos amis ont commencé à avoir des enfants, en discutant on s’est rendu compte qu’eux aussi étaient passés par un raisonnement similaire au notre.
    J’ai aussi lu les blogs qui m’ont permis de me rendre compte que oui c’était possible, qu’on y arriverait !
    Et puis, on s’est lancé… 😉

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    1. Oui, au final, on a toujours l’impression d’être le seul avec ses problèmes (se poser 1000 questions, avoir peur), et on découvre ensuite que presque tout le monde passe par là. J’ai l’impression que c’est vrai aussi pour le bonheur, : quand je me suis mariée, c’est comme si on avait réinventé l’amour, et notre premier enfant, ce sera comme si c’était le premier enfant du monde… ça fait rire ceux qui ont de la bouteille, mais cet émerveillement face au bonheur est la face agréable de notre tendance à se sentir unique et pionnier dans notre expérience. Gardons le côté sympa de la découverte, et pour les peurs et les malheurs, partageons, partageons les histoires pour ne pas devoir repartir de zéro à chaque fois (je le redis : merci les proches, merci les blogs !)

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